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Roland Charnay et les « nouveaux programmes »

Sur la Café Pédagogique, Roland Charnay s’exprime à son tour sur les nouveaux programmes. Roland Charnay est chercheur et ancien enseignant en formation initiale des enseignants. Il a écrit « Réussir en maths à l’école, c’est possible ! »

9782401033269FSSelon monsieur Charnay, « la clarification est bienvenue » du point de vue de la présentation du document. Il note l’absence de repères de progressivité, « la référence plus marquée au rôle des manipulations », mais regrette le faible recours au terme « expérimentation ». Il liste les points notables des textes. En particulier, je n’avais pas prêté attention au fait qu’au cycle 2, il manquait des éléments dans le domaine des mesures et grandeurs, dans les programmes 2015.

Roland Charnay regrette que la notion de preuve ne soit pas précisément décrite, et que le travail sur l’erreur ne soit pas mentionné. Il remarque d’autre part que la distinction entre connaissances et compétences n’est toujours pas claire dans le nouveau texte :

« Un exemple, pris en géométrie au cycle 3, permet d’illustrer cette problématique. Le programme mentionne le parallélisme (on serait du côté du savoir) et « Tracer avec la règle et l’équerre la droite parallèle à une droite donnée passant par un point donné » (on serait du côté des compétences). Si la compétence (savoir-faire) est précise, le savoir l’est beaucoup moins, faute d’une mention claire des propriétés du parallélisme qui doivent être connues à la fin du cycle 3 (droites qui ne croisent pas, droites dont l’écart est constant – sous réserve de la définition de cet écart ! -, droites perpendiculaires à une même droite…). Il faut pourtant disposer de la dernière des propriétés évoquées pour comprendre la compétence énoncée.« 

« La tendance, qui n’est pas récente, à mettre l’accent sur les compétences conduit souvent dans les programmes à privilégier des listes de savoir-faire au détriment de la mise en évidence des éléments de savoir qui permettent de les comprendre et de les justifier. C’est regrettable. Il faudrait un travail de fond, donc de longue haleine, pour élucider correctement cette problématique et on comprend que l’ajustement d’un programme ne soit pas une occasion favorable. »

En attendant les repères de progressivité pour chacun des cycles et les projets d’évaluation, Roland Charnay prône la vigilance : « Attention donc à rester sur des exigences possibles à réaliser avec la majorité des élèves ou alors à distinguer des niveaux d’exigence en notant ce qui peut être proposé mais va au-delà de ce qui est attendu de tous » ; de même, le projet d’évaluations nationales proposées plusieurs fois dans l’année comporte selon lui des risques de dérives.

La conclusion de monsieur Charnay :

« Ce n’est pas faire un procès d’intention que d’appeler à la vigilance sur ces questions qui sont loin d’être anodines. Le bon sens et le pragmatisme devraient ici prévaloir et garantir une marge de manœuvre suffisante aux équipes d’enseignants qui ont à la fois besoin d’un cadrage clair (le projet d’ajustement des programmes va dans ce sens), d’une formation qui réponde à leurs besoins et d’un environnement institutionnel souple pour exercer pleinement leur mission« .

 

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