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Institutionnalisation, dévolution

Comme j’anime cette semaine une intervention sur la différenciation, je me suis fait une petite piqûre de rappel de Butlen. Sa conférence est ici et son diapo . J’aime beaucoup cette intervention. Je l’ai diffusée à mes FSTG cette année et cela n’a pas marché du tout car ils n’ont pas réussi à s’intéresser vraiment, à cause du ton de Denis Butlen. Dommage : le propos est hyper important, en particulier lorsqu’on débute mais pas seulement. Et il n’est pas non plus valable seulement dans l’éducation prioritaire : je me sens concernée par beaucoup de ses propos. En plus, la question de l’institutionnalisation est de plus en plus présente dans le discours institutionnel : elle apparaît même dans les programmes qui sont en train de sortir pour école et le collège ces jours-ci.

Denis Butlen explique ce qu’il appelle des tensions en REP :

  • les élèves ont tendance à amener les lois et les manières de leur quartier à l’école ; les enseignants consacrent du temps à la socialisation, souvent au détriment des apprentissages disciplinaires ; mais les enseignants ne voient pas comment faire autrement
  • afin de maintenir les élèves dans le jeu scolaire, de ne pas les décourager et donc d’éviter des réactions de rejet, les enseignants ont tendance à proposer des tâches simplifiées, ce qui nuit aussi aux apprentissages : des temps de recherche très courts, des tâches complexes très vite fractionnées en sous-tâches, etc.
  • tout se passe comme si les enseignants ne croyaient plus à un enseignement collectif dans les classes : ils individualisent l’enseignement et la régulation des comportements, ce qui ne permet pas d’installer les mêmes savoirs pour tous. Parfois il n’y a pas ou très peu de temps d’institutionnalisation collective.

Les enseignants sont conscients de ces tensions, mais ils font au mieux. Denis Butlen n’émet d’ailleurs pas de jugement, mais émet un état des lieux.

Une première conséquence est qu’il faut exercer une grande vigilance quant à la différenciation : la différenciation ne doit pas empêcher l’institutionnalisation, qui elle-même permet la culture collective de la classe. La différenciation n’est pas l’individualisation.

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La paix scolaire peut s’installer par la qualité de la communication avec la classe, mais surtout par la qualité didactique des contenus.

La vigilance didactique est un ajustement permanent des stratégies didactiques aux élèves. Elle est basée sur des connaissances mathématiques, mais repensées en terme d’enseignement, et aussi sur des connaissances didactiques.

L’institutionnalisation, c’est tout ce que fait l’enseignant pour transformer les connaissances des élèves en savoirs partagés et reconnus socialement. Cela permet de faire prendre conscience aux élèves des apprentissages qu’ils ont effectués. Mais pour cela il faut ménager du temps d’appropriation, d’explicitation, de hiérarchisation ou de structuration des savoirs, et cela permet la dévolution.

Guy Brousseau définit la dévolution (la source est ici) comme un « acte par lequel l’enseignant fait accepter à l’élève la responsabilité d’une situation d’apprentissage […] et accepte lui-même les conséquences de ce transfert ». La dévolution est donc liée de très près au contrat didactique, et à l’institutionnalisation.

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