Chez les chercheurs·Compétences·Ecouter·Evaluer

Pierre Merle sans fausse note

Depuis que je ne fais plus de sport, je n’écoute plus Rue des Écoles, et ce n’est pas bien. Mais aujourd’hui, mise en appétit par Twitter sur l’émission intitulée « L’école abuse-t-elle des notes », je me suis permis une pause, après la lecture des travaux de mes étudiants… et leur évaluation. J’ai même mis des notes à ceux qui passent le M2, si, si.

Pierre Merle est un des invités de cette émission : sociologue et spécialiste des pratiques d’évaluation scolaire, il a publié récemment Les pratiques d’évaluation scolaire, historique, difficultés, perspectives chez PUF. Autre invité : Jean-Marc Huard, DGESCO.

https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=ec869198-93b9-4e45-9a82-8b07f4d1a61b

Pierre Merle présente d’abord les deux écoles existantes du point de vue historique :

  • Celle issue des Jésuites, avec les classes qui luttaient l’une contre l’autre, pour devenir les meilleurs soldats de Dieu. Les derniers étaient les Ineptes, et étaient éliminés.
  • Celle issue des Frères des études chrétiennes, qui scolarisaient les enfants des classes modestes et populaires, système qui prenait en compte le développement du système cognitif des enfants et a donné l’école communale.

Selon Pierre Merle, le système d’évaluation est encore aujourd’hui très marqué par les pratiques de l’école des Jésuites, malgré des efforts tous azimuts pour changer les pratiques et s’éloigner de celles du XIXe siècle.

Pierre Merle parle d’évaluation PAR compétences, ce qui m’agace, car je trouve que cela ne veut rien dire. En fait il parle d’évaluations DES compétences, mais je concède volontiers que je fais une fixette. Il met bien en valeur l’utilité de l’évaluation des compétences, en prenant l’exemple d’un élève en réussite : ce type d’évaluation « permet aux enfants, aux enseignants et aux parents de mieux savoir ce que l’élève sait, ne sait pas et sur quoi il doit concentrer ses efforts », alors que l’évaluation seulement par une note est « trompeuse ».

Selon Jean-Marc Huard, il faut expliciter les « lacunes » en effet (on pourrait trouver aussi nécessaire d’expliciter les réussites), mais il met en garde contre les systèmes d’évaluation trop complexes pour pouvoir permettre aux parents d’accompagner leur enfant. Il craint l’ « usine à cases ». Du coup, ce n’est pas très clair : recommande-t-il la note ? Met-il un garde-fou tout à fait censé à l’évaluation des compétences ?

Pierre Merle rappelle que le fait que les enseignants mettent de très mauvaises notes montre bien qu’il y a un problème : soit « leurs contrôles ne sont pas adaptés, soit leurs cours ne sont pas bien adaptés aux contrôles ». Hé oui. Ce ne sont pas les élèves qui ne sont pas adaptés. Le système actuel semble accepter la déconnexion entre les apprentissages et les évaluations, ce qui est absurde.

En deuxième partie d’émission, Pierre Merle raconte la naissance de la note sur 20 (par Monge, à l’école Polytechnique) destinée à classer, idée reprise en 1890 de façon générale. D’ailleurs, dès cette époque la note est sujette à débat.

 Dans cette émission, il est aussi question :

  • des évaluations nationales
  • du stress des notes
  • de la confiance en soi, essentielle aux apprentissages, et en chute chez nos élèves
  • de TACIT
  • du phénomène de résignation acquise (très intéressant)
  • de parcours sup, un peu.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s