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Les problèmes, c’est mal ? Meuh non !

Un article a fait un peu grand bruit cette semaine, car il est réapparu sur Twitter. Il s’agit d’un article fort intéressant, qui date de 2010. Son propos est le suivant : les approches didactiques non ou peu guidées, dites pédagogie de la découverte, sont moins efficaces que les pédagogies qui mettent l’accent sur les processus d’apprentissage, sauf si les apprenants sont déjà « mûrs », capables de réflexivité, dans les apprentissages concernés.

Mais attention : tout est une question de définition. L’article remet en cause une façon d’enseigner qui consisterait à donner des conseils minimaux, donnés si les apprenants en ont besoin pour la démarche qu’ils échafaudent. À l’inverse, donner des conseils en adéquation avec le développement cognitif de l’apprenant est plus efficace. Et l’article explique pourquoi, en particulier en rénovant la façon d’envisager la mémoire à long terme, centrale dans les processus cognitifs humains.

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Si j’ai bien tout compris, l’idée est que la résolution de problèmes mobilise fortement la mémoire de travail, qui du coup ne peut pas être mobilisée pour apprendre. En gros, on cherche un problème ou on apprend. Et finalement, on plaque l’exercice du chercheur sur l’apprenant, qui n’est pas du tout au même stade de développement ni au même niveau de connaissances. Des études (de 1989) montrent même que des élèves peuvent « désapprendre » sans guidage pédagogique, en acquérant des connaissances erronées, incomplètes ou insuffisamment structurées.

Tout ceci est certes confirmé par les neurosciences, et l’ensemble de l’article est très intéressant, mais il n’y a pas là de séisme. Le constructivisme décrit est très « pur », et très dur. Un enseignant se doit d’être pédagogue, et être pédagogue, c’est justement guider l’élève ou l’étudiant dans sa démarche. L’article ne dit pas du tout que le cours magistral c’est top, ni que les activités d’introduction c’est has been. Il va tout à fait dans le sens des préconisations institutionnelles : il faut faire comprendre, par des moyens variés, adaptés à la diversité des publics, et toujours, toujours il faut institutionnaliser.

Je ne connais par ailleurs aucun enseignant qui attende de la résolution de problème des apprentissages-miracles. Un problème, cela permet aux élèves de développer leur capacité à chercher, à s’organiser, à communiquer, à mettre en forme, à exercer l’esprit critique, à prendre du recul, à gérer l’angoisse du démarrage laborieux, et aussi parfois à faire des ponts avec des notions, déjà vues en réactivant, ou qu’on verra, mais pour lesquelles le problème ne suffira évidemment pas. Mais quel enseignant se contenterait de lancer des sujets et d’attendre que ça passe en regardant ses élèves ?

Pas de panique donc. Tout. Va. Bien. Nous avons toujours le droit de proposer des problèmes à nos élèves.

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