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Partageons les maths !

Sur le Café Pédagogique, l’Expresso de ce matin aborde la « note d’analyse et de propositions » du CSP quant aux nouveaux programmes du lycée.

Révisions de programmes conséquentes, changements dans les épreuves du bac : voyons donc voir. François Jarraud relève « un curieux mélange entre traditionalisme et une certaine ouverture », et « la profonde réorganisation imposée à l’enseignement technologique pour la seule raison de le plier au modèle de l’enseignement général ».

François Jarraud écrit encore : « Globalement le CSP critique l’encyclopédisme des programmes et demande qu’ils laissent le temps à la pratique et à l’autonomie des élèves. Mais il suffit de regarder la liste des auditions pour voir que le CSP a accordé beaucoup d’importance à de petites associations disciplinaires connues pour leur conservatisme et aussi à des groupes professionnels (Fédération des psychologues, société informatique de France) dont la légitimité pédagogique reste à démontrer.« 

Si l’on fait un (très) rapide tour disciplinaire, on note la disparition de l’épreuve d’écriture d’invention en français. En histoire-géo, le CSP regrette qu’on répète plusieurs fois dans le parcours scolaire l’étude des mêmes thèmes. De façon générale, le CSP exprime la volonté de tester plus de connaissances dans les épreuves et moins de supports documentaires, ainsi que de réduire la subjectivité de l’évaluation (en particulier dans les épreuves d’invention et d’oral, y compris le « grand » oral).

La série technologique, si elle n’est pas modifiée dans sa structure en filières, est toute même touchée par des modifications importantes : en STMG plus de droit et l’apparition du nouvel enseignement « management sciences de gestion et numérique », un gros remaniement des disciplines spécifiques en ST2S ainsi qu’en STL.

Et les maths ? On lit, pages 2 et 3 :

« Les différents acteurs s’accordent pour considérer que les programmes ont adopté des dimensions trop vastes qui ne favorisent guère l’approfondissement. En outre, comme l’ont signalé Cédric Villani et Charles Torossian dans leur rapport de mission, la construction du raisonnement en mathématiques s’est vue minorée et le sens même de la démarche mathématique s’est dilué du fait, notamment, de l’effacement relatif de la démonstration, tant dans la terminologie fondamentale que dans les pratiques régulières de classe.

Cette baisse de l’exigence vis-à-vis du raisonnement a conduit à proposer des exercices altérés dans leur cohérence globale car segmentés et appareillés de consignes guidant à l’excès la réflexion. La construction des compétences fondamentales s’est vue amoindrie : les élèves, certes capables de réussir des exercices d’application, se trouvent pour la plupart d’entre eux démunis devant des situations inédites qui requièrent néanmoins les mêmes outils et les mêmes procédures.

De manière générale, il conviendrait de donner le primat à la construction du raisonnement mathématique, à l’appropriation de la démarche de démonstration, aux pratiques de calcul, et de renouer avec l’exigence dans l’enseignement des mathématiques ou dans le recours aux outils mathématiques dans d’autres champs disciplinaires. Le cycle terminal mérite de retrouver une véritable ambition avec des programmes moins étendus mais plus approfondis, permettant aux élèves intéressés et motivés une entrée sereine dans le supérieur.

L’épreuve de mathématiques, qui constituera dans le nouveau lycée l’aboutissement d’un parcours de spécialité, devra retrouver une véritable ambition dans ses exercices, notamment en sollicitant davantage la réflexion du candidat et en l’invitant à construire une démarche de résolution de problème : c’est la démonstration, dans ses vertus formatrices, qui devra retrouver sa juste place.« 

Axer les enseignements sur la réflexion, la démonstration, l’autonomie de pensée, la résolution de problème, les prises d’initiative, c’est très bien. Lire que les mathématiques seront enseignées aux « élèves intéressés et motivés » fait mal, en revanche. Pourquoi faudrait-il que les maths soient réservées à ceux qui disent en avoir envie ? Elles font partie de la culture, sont nécessaires pour vivre de façon éclairée ; et pourquoi certaines disciplines concernent-elles tous les élèves alors, même si ils ne s’y intéressent pas ? Je ne suis pas une folle des maths à fond pour tous. Mais il y a des choses que chacun doit savoir et doit savoir faire, et cela concerne aussi les maths. Avec des programmes adaptés, en lien avec les besoins du citoyen, avec des ponts vers les autres disciplines (pas seulement du champ scientifique : des liens vers la géo, les SES, la philo, les langues vivantes, l’EPS…) on pourrait motiver et intéresser les élèves, je pense, dans leur très grande majorité. Pourquoi baisser les bras ? Quand en seconde tu n’as pas envie de faire des maths, il est trop tard ? L’envie, ça se fait naître et ça s’entretient, aussi. C’est aussi ça, notre métier : intéresser les jeunes pour leur permettre de développer connaissances et compétences, dans un maximum de champs disciplinaires.

Et puis limiter l’accès aux maths à ceux qui l’ont « décidé », c’est aussi rendre les maths encore plus élitistes, agrandir la fracture. Certains sont à la hauteur, et d’autres pas ? C’est du mépris. Je déteste ça.

Mais bon, bref, c’est comme ça. Passons à la suite, avec les disciplines en lien direct avec les maths : côté SPC, on note la recommandation de « remathématiser » les SPC « en redonnant toute leur place à la modélisation et à la formulation mathématique des lois physiques » : « un recours plus restreint aux outils mathématiques a limité l’acquisition d’un véritable raisonnement scientifique » lit-on dans le paragraphe SPC. 

L’enseignement de sciences numériques et technologie sera assuré en seconde par des profs de maths ayant choisi l’option informatique (heu, il y en a beaucoup ?) et des professeurs de technologie. Au cycle terminal, l’enseignement scientifique associera les disciplines scientifiques, avec pour but de « se familiariser avec les raisonnements et les démarches caractéristiques de la science » et de développer la logique rationnelle.

En terminale, l’enseignement de « maths expertes » visera « un réel approfondissement dans la maîtrise des notions mathématiques, pour répondre aux besoins de formation des élèves qui se destinent notamment aux classes préparatoires aux écoles d’ingénieurs et aux études scientifiques à l’université », et qui auront choisi dès le départ de faire un maximum de maths : ils auront « fait le choix d’enseignements de spécialité scientifiques dans le cycle terminal et notamment de l’enseignement de spécialité de mathématiques, choisi en classe de première et conservé en classe terminale ». « Maths complémentaires  » s’adressera en revanche « aux élèves qui auront choisi en classe de première les mathématiques parmi les trois enseignements de spécialité et qui auront décidé de l’abandonner en classe terminale pour se concentrer sur les enseignements de spécialité de physique-chimie et de sciences de la vie et de la Terre ».

 

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