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Enseignement du nombre : faut-il s’attendre au pire ?

Je vous conseille vivement la lecture l’article de Rémi Brissiaud du 02 février sur le Café Pédagogique :

Singapour et les conceptions obsolètes dans l’enseignement du nombre à l’école

Cela ressemble à une mise en garde, à l’expression d’une crainte de déception, à un regret peut-être de ne pas avoir été bien compris ou entendu. Quoi qu’il en soit, l’article est très intéressant. D’abord, il retrace l’histoire récente de l’enseignement (on n’ose dire la pédagogie) du nombre. Ensuite, il explique de nouveau et toujours aussi clairement pourquoi le comptage-numérotage est délétère pour la construction du nombre des enfants. Les méthodes employées sont mises en regard des performances en calcul, et c’est éloquent. Et puis on y fait le point sur la méthode de Singapour-made-in-France.

En voici quelques extraits, mais il faut aller tout lire :  

 » 2017 restera comme l’année où, pour la première fois depuis les travaux de Jean Piaget, une grande chercheuse en neuropsychologie cognitive, Elisabeth Spelke, avance de manière forte que le comptage-(numérotage) ne joue pas un rôle central dans la construction du nombre. Ainsi, toutes les raisons de s’engager dans ce renouveau sont aujourd’hui présentes. Pourtant, de lourds nuages planent sur ce mouvement de rénovation. En effet, la composition de la commission Villani-Torossian ainsi que son planning de travail font craindre qu’elle mette en avant de manière insuffisamment circonstanciée une méthode qui se dit de Singapour alors que, à l’opposé de ce qui se fait dans cette cité, elle enseigne le comptage-numérotage. « 

 » Le nombre ne sert pas seulement à garder la mémoire des quantités, il permet de mettre en relation les quantités entre elles. Du point de vue épistémologique, il est intéressant de repérer que Newton est vraisemblablement le premier à avoir avancé une telle conception des nombres, rompant avec celle avancée par Euclide (Brissiaud, 2014).« 

Miam, je veux lire l’écrit de Brissiaud là-dessus. Quelqu’un aurait la référence exacte, ou je farfouille comme une grande ?

 » Au cours préparatoire, deux mois après la rentrée, on reconnaît facilement les quelques élèves qui n’ont pas encore compris ce qu’est un nombre et qui risquent un échec grave et prolongé. Il suffit d’utiliser le petit test suivant. Face à un tas de jetons, on demande à l’enfant d’en donner 4. Sauf cas de handicap, il sait le faire en numérotant les jetons qu’il sort un à un du tas : 1234, 4. Cependant, si l’adulte dit qu’il a changé d’avis et qu’il veut 5 jetons, l’enfant en difficulté est obligé de reprendre le numérotage depuis le début 12345, 5. Il ne sait pas qu’une quantité de 5 jetons s’obtient en ajoutant 1 nouveau jeton à la quantité de 4 déjà formée (5=4+1), il est enfermé dans la représentation des quantités par une suite de numéros : 5, c’est 12345, 5 et ce n’est rien d’autre. »

 » Pour la Grande Section et le début du CP, l’appellation « méthode de Singapour » apposée à des ouvrages commercialisés en France, constitue une véritable arnaque : les activités proposées sont basées sur le comptage-numérotage, elles sont à l’opposé de ce qui se fait réellement à Singapour (Brissiaud 2017). « 

«  Alors que les programmes récents ont fixé le cadre pour un renouveau de la pédagogie du nombre en France, alors que les recherches récentes en sciences cognitives confortent ce mouvement de renouveau, la mise en avant du comptage-numérotage via la traduction française de la méthode de Singapour, risquerait d’annihiler cet espoir de renouveau.

Or, de ce point de vue, la composition de la commission Villani-Torossian inquiète. Elle n’a pas été rendue publique mais on en a un aperçu à travers les tweets de Charles Torossian et l’on découvre que la consultante internationale qui a coordonné la « traduction » de la méthode de Singapour en fait partie. L’objectif de cette commission étant la recherche de « pédagogies efficaces », cette personne est évidemment juge et partie.« 

 

 

 

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2 réflexions au sujet de « Enseignement du nombre : faut-il s’attendre au pire ? »

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