A l'attaque !·Chez les collègues·Formation·Je suis fan·Mes projets·Tous ensemble !

La CAFFA et moi

Il y a un an, j’avais rendu mon mémoire de CAFFA. Je ne sais plus si j’avais déjà accueilli les visiteurs en formation, pour l’évaluation « en action », mais j’étais dedans. Je révisais, je continuais de lire, je regrettais de ne pas avoir lu tel ou tel ouvrage plus tôt, je peaufinais la présentation orale.

Aujourd’hui, j’ai animé une journée de formation à destination de collègues qui se préparent à l’épreuve d’admissibilité, à partir de lundi. Ma mission, puisque je l’ai acceptée, était de leur porter des éclairages sur l’éthique et la déontologie, l’andragogie, la professionnalisé du formateur, l’identité professionnelle.

J’ai beaucoup travaillé sur cette formation. Le genre de formation qui dure six heures et pour laquelle on travaille quatre à cinq fois plus, tout cumulé. Un one-shot, non réinvestissable pour moi ensuite. J’ai accepté pour plusieurs raisons : l’amitié et l’estime que je porte à celles qui me l’ont demandé, le défi, et l’envie de montrer comme le métier de formateur vaut la peine, l’engagement, l’énergie. Et puis mon mémoire tournait autour de la thématique de l’identité professionnelle, j’avais des billes déjà, et des références de lecture.

Et puis il y avait autre chose. Cette formation était particulière, pour moi.

J’ai décidé d’arrêter la formation continue. Pas le collège, pas l’ESPE, mais la formation continue, oui. Depuis 23 ans j’enseigne, depuis au moins 20 ans je forme. J’ai adoré ça, j’adore toujours ça, mais je pars vers de nouvelles aventures : je vais passer un master 2, peut-être un autre ensuite, et après on verra. J’ai besoin de continuer à apprendre, de me nourrir. Pour ça, il me faut du temps. Mais comme j’ai une famille nombreuse, une tendance certaine à l’hyperactivité et que j’adore ce que je fais, je ne veux pas passer à temps partiel. Il faut donc faire des coupes.

Mon métier de formateur est celui qui me prend le plus de temps « parasite » : préparer des formations pour une unique animation, passer cinq heures sur la route en deux jours, gérer un emploi du temps absolument instable et changeant, cela mange beaucoup de temps, même si c’est du temps nécessaire. Si je veux en récupérer pour retourner à l’école, c’est clairement là que je dois faire ces fameuses coupes. Je ne m’imagine pas (encore) quitter la classe, j’arrive tout juste à l’ESPE côté premier degré, ce que j’adore, et puis ma classe et l’ESPE sont à quatre minutes l’un de l’autre, à pied, ce qui est vraiment très pratique.

Ce qui est un peu rigolo, c’est que j’ai passé la CAFFA l’année dernière et que j’aurai été formatrice académique un an, de façon « étiquetée ». Ce qui est aussi amusant, c’est que c’est d’avoir passé la CAFFA qui m’a donné envie de me projeter plus loin, de reprendre les études : me retrouver en situation de formation, d’apprentissage, d’évaluation, cela a débloqué quelque chose chez moi, m’a donné envie de poursuivre le chemin, de me développer encore, professionnellement, et différemment. A vrai dire je n’ai qu’une hâte : être en septembre et commencer ce M2. Je me régale à l’avance, et je me régale de me régaler à l’avance, aussi. Je sais, j’ai un côté ravi de la crèche, mais voilà, cela ne me déplaît pas.

C’est aussi pour cela que cette journée d’animation de formation était particulière pour moi aujourd’hui : je savais que j’allais rencontrer des collègues motivés, intéressés, intéressants, agacés parfois de devoir passer une certification pour exercer un métier qu’ils exercent, ou bien inquiets de ce saut dans l’inconnu, pour ceux qui n’ont jamais formé. Je voulais transmettre l’envie, la richesse de ce métier de formateur. En fait, je m’en aperçois ce soir, je voulais passer le flambeau, quitter (peut-être temporairement, je le sais bien, ou peut-être pas) mon métier de formateur comme je l’ai exercé depuis vingt ans : dans l’idée de partage, dans la joie, avec l’énergie, la conviction. J’ai eu tellement de mal à prendre cette décision, moi qui ai tant de mal à dire non aux sollicitations professionnelles, qui considère le choix comme un renoncement, qu’il me faut arrêter franchement, explicitement, et gaiement.

J’étais assez crevée en me rendant à ce stage : quatre formations cette semaine, en plus de mes heures de cours au collège et de ceux à l’ESPE, pfiou. En y allant ce matin, après une heure de cours de cinquième, j’avais les yeux qui piquent et l’impression d’avoir mon âge. Et puis comme d’habitude, la magie a opéré : je n’ai plus du tout ressenti ni pensé à la fatigue, une fois en piste. Les collègues ont été absolument formidables, j’ai eu le sentiment d’apporter du contenu consistant, de répondre à des questions, et j’ai reçu tellement d’eux que je suis vraiment ravie de cette journée, qui m’a apporté quelque chose de très profond. Je mesure ce soir comme c’était important, du point de vue de mon identité professionnelle justement.

Pour autant, il me reste des formations, engagées déjà, à finir, ce qui ne me pose aucun problème. Mais là, aujourd’hui, cela touchait directement au métier de formateur, et puis je voulais leur donner l’envie à eux aussi, leur donner la pêche alors qu’ils sont dans le tourbillon. A lire leurs évaluations et leurs messages depuis que je suis rentrée, j’ai réussi pour une bonne partie d’entre eux.

Et moi, je me sens bien, et légère.

C’est vraiment un beau métier que celui de formateur. Presque aussi beau que celui d’enseignant.

Capture d’écran 2018-02-02 à 13.20.38.png

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s