Chez les parents·Quel beau métier·Question de grand

Plaquebière, turpitude et didactique du vecteur

Hier, réunion parents-profs. un flot ininterrompu de papas et de mamans se succèdent, pendant quatre heures. Je rencontre des sourires, des inquiétudes, des fiertés, des douleurs, des histoires. J’entends des questions, des mercis, des réponses, des projets, des espoirs. Et puis une dernière maman se présente, sur la pointe des pieds : il est presque 21h, elle n’a pas de rendez-vous, elle s’excuse de déranger. Nous nous installons, nous échangeons au sujet de son enfant. La maman se lève, me remercie, nous nous saluons, un dernier sourire échangé, elle tourne les talons. Et puis se ravise : « Vous savez, je me demande si je ne vais pas entamer une reconversion. J’ai envie d’essayer d’être enseignante. Qu’est-ce qui vous plaît le plus, dans votre métier ? »

A cette question, je marque une pause, puis des tas de sensations m’assaillent : les « bonjour madame ! » des enfants, la rigolade avec les collègues, les questions malicieuses des étudiants, les échanges au travers du blog, le suspense devant un paquet de copies à corriger, la gourmandise d’inventer une nouvelle séquence, la satisfaction de comprendre quelque chose, le plaisir de dénouer les noeuds, la fureur intellectuelle devant un problème qui résiste, le plaisir d’échanger, avec les petits, les grands, les cadres, la boulangère et la coiffeuse, l’odeur du collège de retour de vacances, la trouille de me casser la figure alors que j’ajoute un nouvel élément de décoration au plafond de ma salle, la fierté de voir des réussites auxquelles j’ai un peu contribué, le fourmillement de neurones devant des échecs, pour trouver un moyen de surmonter l’obstacle, le bonheur des sourires, là, du grand sourire au petit sourire en coin, la curiosité, toujours en marche, le défi de devoir répondre à de nouvelles questions, inattendues, qui demandent réflexion.

Que répondre alors ? Tout ce qui m’est venu, c’est : « Dans ce métier, on apprend tous les jours. On remet en cause ce qu’on pensait avoir compris tous les jours. Ce métier est une transformation permanente. »

La maman a eu l’air satisfaite de ma réponse. Cinq minutes après, j’en aurais pourtant donné une autre. Au feu rouge, j’avais une autre idée, et en me garant encore une autre…

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PS : le jour même, je venais d’apprendre ce que signifie plaquebière, de réaliser que j’avais toujours mal interprété le mot turpitude et d’envisager différemment le vecteur.
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Une réflexion au sujet de « Plaquebière, turpitude et didactique du vecteur »

  1. Je trouve que c’est une très bonne réponse d’autant plus qu’elle est spontanée ! Et si elle a plu à cette maman qui a envie de se lancer, c’est encore mieux. Moi aussi elle me plaît beauocup. Au feu rouge ou en se garant, peut-être qu’il s’agissait aussi de réponses qui auraient été satisfaisantes mais elles avaient forcément perdu l’étincelle de la réponse à chaud…

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