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Recruter des enseignants, c’est délicat

Twitter m’a amenée à lire cet article de Didier Delignières, intitulé :

Formation des enseignants : où l’on reparle de la place du concours…

Cette lecture a fait écho avec le dernier Rue des écoles que j’ai écouté, sur France Culture, intitulé de façon inutilement provocatrice « La fin des profs ? »

 Didier Delignières écrit « Le réseau national des ESPE organise le 11 janvier 2018 une journée de réflexion, et annonce dans sa note d’attention les données essentielles du problème : « Actuellement […], il y a une confusion entre le processus de formation des enseignants et le processus de recrutement des fonctionnaires de l’Éducation nationale ; la place et la nature du concours sont largement interrogées, dans la forme actuelle, le concours en 1re année de master crée une rupture entre avant et après le concours. Cette rupture impacte largement tous les volets des missions des ESPE… ». Je suis ravi que cette question soit à nouveau posée, après quatre années de fonctionnement de la réforme dite de mastérisation de la formation des enseignants.« 

Dans Rue des écoles justement, un des experts explique que la mastérisation (les enseignants devaient auparavant être titulaire d’un bac +3 et aujourd’hui ils doivent être titulaires d’un bac +5, c’est-à-dire un master) n’a à aucun moment été pensée pour que les élèves aient en face d’eux de meilleurs enseignants, des enseignants capables de mieux les faire réussir. Pour monsieur Delignières, « la réforme de mastérisation visait avant tout à élever le niveau de formation des enseignants. (…) Les récents programmes du collège, insistant sur le rôle de concepteur des enseignants, ont clairement renforcé cette nécessité. »

Luc Ria (titulaire de la chaire UNESCO « Former les enseignants au XXIe siècle », Professeur des universités à l’Institut français de l’Éducation de l’ENS de Lyon) explique de son côté que la formation dans les ESPE est de qualité, mais insuffisante. De ce fait, ce n’est pas une formation « sérieuse », et la formation continue, elle, est à remettre en cause et reconstruire, perturbée par les réformes et les contre-réformes qui se succèdent à un rythme qui manque de pertinence.

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La question que pose Didier Delignières est donc bien légitime : pourquoi ne pas proposer le concours de recrutement en fin de Licence, sans chercher à évaluer des compétences professionnelles, pour ensuite se consacrer vraiment, en master, à devenir enseignant. Car on sait que si chacun entre dans le métier à sa façon et dispose de compétences fort différentes, être un bon enseignant, cela s’apprend. En ce moment on mélange les connaissances et les compétences disciplinaires avec un début de compétences professionnelles. Il est évident que le recrutement est fait en dépit d’un plein bon sens, et d’ailleurs les démissions de début de carrière le montrent bien. Il est des erreurs de casting qui font autant, voire plus de mal aux jeunes apprentis enseignants qu’aux enfants.

Évidemment, la question est complexe : pour pouvoir sélectionner de façon adaptée, encore faudrait-il avoir suffisamment de candidats… Et là, c’est l’attractivité du métier, ses conditions d’exercice, qui sont en question.

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