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La famille Boole

Ce matin, j’ai suivi la conférence d’Anne Boyé, intitulée « Dans l’étonnante famille Boole, il y a le père, mais aussi la mère et les cinq filles ». Soit je me suis trompée soit il n’y avait plus de place  mon premier voeu, mais je voulais assister à maths et zombies… Cela dit, même si je regrette Maths et zombies car c’est tout à fait dans mon univers, la conférence que j’ai vue était très intéressante et j’ai beaucoup appris.

Que ce soit Georges, le papa, Mary Everest, la maman, Alicia, la troisième fille, ou

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Alicia

, une de ses quatre soeurs, tous les membres de cette famille ont eu un destin particulier. Mais Anne Boyé a choisi les trois premiers pour sa conférence.

Ce qui m’a frappée surtout, c’est la volonté, la motivation profonde de chacun de ces personnages pour le savoir, et les mathématiques en l’occurrence : Georges Boole était issu d’une famille très modeste. Pourtant, à l’école publique (sa famille ne pouvait pas se permettre une autre éducation, financièrement), il se passionne pour les langues anciennes. Il commence à enseigner à seize ans, crée son école à dix-neuf. Il continue à apprendre de façon autodidacte, en mathématiques, et obtient une chaire en Irlande, après avoir reçu la médaille d’or de la royal society pour un article sur les équations différentielles. Si ça ce n’est pas de la motivation intrinsèque…

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La famille Boole après la mort de Georges

Alicia a quatre ans lorsque son père meurt. Elle est élevée par sa grand-mère et son grand-oncle, où elle est très malheureuse, et rejoint sa famille à onze ans. Là, elle entend qu’une fille ne va pas à l’université, de toute façon. Mais elle ne voit pas les choses de cet oeil : personne ne l’empêchera de faire des mathématiques ! À 18 ans, elle est fascinée par la quatrième dimension, que lui fait découvrir son beau-frère, qu’elle surpasse. Elle redémontre des travaux dont elle ignore qu’ils ont été prouvés (peu importe d’ailleurs), sur le nombre de polytopes réguliers convexes par exemple. Ils ont des chouettes noms : ce sont des polychromes, tels que le pentachore ou le tesseract. Alicia recevra le titre de docteur honoris causa à l’université de Groningen.

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Marie Everest Boole, l’épouse de Georges Boole, a pour oncle le découvreur et géomètre qui a donné son nom au mont Everest. Lorsqu’elle rencontre et ensuite épouse Georges Boole, c’est une fusion intellectuelle. À sa mort, elle trouve un emploi et se passionne pour l’enseignement. Elle veut transmettre aux élèves, mais aller loin, jusqu’aux lois de la pensée. Elle est très progressiste, correspond avec Darwin, est proche des thèses de Freud. Elle organise des « Sunday night conversations » où elle discute de ces idées avec ses étudiants. Elle réfléchit à un programme d’enseignement des mathématiques de la maternelle à l’université. Elle préconise de raconter : elle invente ses narrations de recherche. Elle veut que les enfants se questionnent, pensent.

Lorsqu’on voit des photos de la famille Boole, ce n’est pas l’aspect farfelu ou folichon qui frappe. Et pourtant, ces personnes étaient vraiment originales, volontaires, révolutionnaires en quelque sorte. Chacun à sa façon s’est affranchi des contraintes sociales qui auraient pu les décourager.

 

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