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Quand mon cerveau dit non.

Je révise aujourd’hui une formation que je présente mardi, et qui s’appuie sur des expérimentations de Stanislas Dehaene. J’ai le texte que voici, de Raymond Queneau :

Poor lay Zanglay

Ung joor vare meedee ger preelotobus poor la port Changparay. Eel aytay congplay, praysk. Jer mongtay kang maym ay lar jer ay ger vee ung ohm ahvayk ung long coo ay ung chahrpo hangtooray dunn saughrt der feessel trayssay. Sir mirssyer sir mee ang caughlayr contrer ung ingdeeveeduh kee luhee marshay suhr lay peehay, puhee eel arlah sarsswar.

Ung per plus tarh jer ler rervee dervang lahr Garsinglahzahr ang congparhrgnee d’ung dangdee kee luhee congsayhiay der fare rermongtay d’ung crang ler bootong der song pahrdessuh.

Ce qui est intéressant, c’est que cela fait plusieurs fois que j’essaie de le lire, et que je rame sévèrement. Je m’arrêtais systématiquement à « ung long coo« , jusqu’ici. mais comme je vais devoir être capable de remédier aux difficultés des collègues formés, aujourd’hui j’ai décidé d’aller au bout, persuadée que j’avais laissé tomber par manque de temps, par paresse… Hé bien non. J’ai laissé tomber parce que l’effort demandé à mon cerveau es trop important.

Lorsque tout à l’heure je me suis attaquée à la lecture, il s’est produit la même chose que d’habitude : j’ai calé à « ung long coo« , et pas moyen de redémarrer. Je lui ai pourtant intimé l’ordre de se reprendre, à mon cerveau, perplexe devant sa mauvaise volonté. Pas moyen. J’ai fait une pause, lancé une lessive, et je suis revenue à la charge. Mais non, toujours pas moyen. J’ai dû appeler mon mari à l’aide.

Peux-tu lire ce texte, lui ai-je demandé ? Alors il l’a lu, comme ça pouf, d’une traite. La seule différence est qu’il l’a lu à voix haute alors que je le lisais mentalement, car nous travaillons dans la même pièce et que je ne voulais ni le déranger, ni avoir l’air ridicule à galérer (!). Mais je ne pense pas que ce soit suffisant pour expliquer l’énorme différence.

Maintenant qu’il me l’a lu, je peux le relire. Il me faut me concentrer fort, mais j’y arrive.

Il faut que je réfléchisse à tout cela, mais je trouve ça en même temps très intéressant, hyper frustrant et c’est une expérience inédite pour moi. ne pas comprendre quelque chose, ça m’arrive tout le temps. Mais sentir mon cerveau caler et se mettre en veille, refuser franchement une activité, c’est une première de cette façon.

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3 réflexions au sujet de « Quand mon cerveau dit non. »

  1. Beaucoup de mal également. Ne serait-ce pas à cause de nos parcours germanistes ? La graphie fait d’ailleurs beaucoup plus goethienne que shakespearienne…

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  2. La façon de lire doit être pour beaucoup. En première lecture c’est à peine si j’ai essayé, mais après la lecture de l’article j’ai ressayé et j’ai automatiquement subvocalisé de façon prononcé, et je suis arrivé au bout d’une traite.

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    1. Oui, mais on est capable ou pas de le lire: hier en parler à mon fils l’a amené à essayer. Impossible. Mentalement ou à voix haute, rien à faire. En discutant, il ne comprend même pas l’idée de la voie de lecture phonologique… Alors, perplexe, je lui ai proposé de lire une liste de peudo-mots. Il a du mal et fait plein de fautes!
      Peut-être est-ce dû au fait qu’il a appris à lire tout seul, mais qu’il ait si peu été affecté par l’apprentissage en syllabique à l’école me surprend.

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