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Un ministre qui divise

Vous allez dire que je fais une fixette, mais j’avais manqué une déclaration de notre ministre :

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C’est à lire ici, sur le site du Huffington Post.

Jean-Michel Blanquer s’ « insurge contre cette fausse bienveillance qui consiste à retarder sans arrêt les apprentissages« . Alors bon moi qui suis formatrice, lorsque je vais dans les classes de la maternelle à la terminale, je vois des enseignants qui enseignent. Ils transmettent des notions et des techniques nouvelles aux élèves. D’ailleurs monsieur Blanquer vise les contenus des programmes, dans sa déclaration. C’est vrai que les élèves cherchent à en savoir plus parfois, et que c’est difficile à gérer. Pour ma part j’ai fait le choix de répondre à leurs questions quitte à prendre de l’avance, mais tout en me limitant pour m’assurer que les savoirs que je DOIS enseigner, à un niveau donné, le seront. Je n’évalue pas ces éléments supplémentaires que je leur donne, et je rassure ceux pour qui il est encore trop tôt pour s’en emparer. J’exerce dans un établissement qui permet cela ; et j’agis en réaction à ma très ancienne frustration d’élève face au « tu verras ça quand tu seras plus grand », qui mène à dire à des enfants que les nombres négatifs n’existent pas et finalement si l’année suivante, ou qu’un nombre au carré est positif et puis en fait non, arrivé en terminale. Ça, je ne l’ai toujours pas digéré.

Il n’empêche que si on cherche à enseigner plus sur certains points en CE1 par exemple, il va falloir enseigner moins sur d’autres…

Le journaliste écrit : « Au regard des savoirs qui sont aujourd’hui maîtrisés par les enfants à l’entrée en CP (il suffit de jeter un oeil aux évaluations qui ont lieu ces jours-ci), il va falloir une vive accélération des apprentissages durant cette première année pour apprendre en un an ce qui l’est aujourd’hui en quatre » ; pas sûr qu’une « vive accélération » suffise, pour la division. Les enfants ne sont pas des vases qu’on remplit n’importe comment. Christine Chambris, maître de conférences en didactique des mathématiques à l’université de Cergy Pontoise, pense (sur Europe 1) que le ministre s’interroge : toute la  question est de savoir ce que signifie « maîtriser la division » pour monsieur Blanquer : est-ce identifier que c’est la division qui va permettre de résoudre un problème ou bien poser techniquement une division ? Est-ce être capable de « couper 20 unités en deux » ou des calculs plus complexes? La technique opératoire paraît difficile à acquérir avant huit ans. En revanche, on parle déjà de façon précoce de division, ne serait-ce que parce qu’elle fait naturellement partie de l’environnement intellectuel des élèves.

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