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Terminale – classe prépa : le fossé ?

Le site Groupe Réussite m’a envoyé récemment un article, que je vous livre ici. En bleu, l’article, en noir, mes commentaires.

Quelles différences entre un sujet de maths au lycée et en prépa?

Lorsqu’on parle de classe prépa (ou CPGE pour l’acronyme officiel), tout le monde s’empresse de mentionner le fossé qui existe en maths. Mais il ne faut pas que ça devienne une obsession, et encore moins que cela crée un blocage. Il est vrai que les mathématiques sont une matière centrale du programme aussi bien en prépa commerce qu’en prépa scientifique. Pour sortir des mythes, on vous dit tout sur les différences entre les attentes au lycée et en prépa, en mathématiques.

Ok.

La première grande différence entre un sujet de maths au lycée et en prépa, c’est la démarche.

Au lycée, les devoirs sur table sont là pour vérifier votre connaissance du cours et pour tester votre aptitude à résoudre des exercices typiques, vus et revus en cours. En prépa en revanche, c’est votre réflexion qui est testée. Les mathématiques en prépa s’orientent avant tout vers un esprit de recherche. Évidemment, une connaissance pointue du cours de maths est requise. Sans cela, la réflexion ne serait pas possible. Ainsi, il reste des questions de cours dans les sujets de maths en prépa.

 

De ce fait, vous n’avez plus le même état d’esprit qu’en terminale : chaque sujet a une cohérence globale. Il ne s’agit pas de plusieurs exercices accolés qui traitent de chapitres différents, mais plutôt d’une démonstration qui mobilise différents chapitres du programme. Les questions du sujet mènent à une démonstration. N’ayez pas peur, on ne vous demandera pas de trouver seul la démonstration. En revanche, pour traiter chaque question, on exigera une réflexion assez poussée, qui mobilise vos connaissances. Plus le sujet sera difficile, moins les questions seront guidées.

Naturellement dans un sujet de maths en prépa, il y a aussi des questions typiques qu’il faut savoir traiter. Un certain nombre de démonstrations et de calculs d’intégrales notamment doivent être connus. En cela, un sujet de maths de prépa rejoint un sujet de maths au lycée.

Ah, pas d’accord. L’idée qui veut qu’au lycée on bachote et qu’en prépa on réfléchisse devrait relever du cliché. Certes, ce n’est pas le cas partout, dans les faits. Mais cette phrase, « Au lycée, les devoirs sur table sont là pour vérifier votre connaissance du cours et pour tester votre aptitude à résoudre des exercices typiques, vus et revus en cours« , me semble éculée. Si on lit bien les programmes de lycée, on trouve ceci, dès le préambule :

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L’idée de recherche, au sens scientifique et plus spécifiquement mathématique du terme, est donc bien centrale, explicite et assumée. Ce BO date de 2011, et cela ne relève pas de la nouveauté, en principe. Mais…

D’une part, « de mon temps », on bachotait. Alors forcément, dans les mémoires d’adultes quarantenaires, l’exercice mathématique de lycée reste lié à l’idée de gammes, de répétitions. Pourtant, il suffit d’examiner les sujets de bac actuels et ceux des années 80-90 pour constater que les choses ont bien changé. On ne demande pas de réinventer l’eau tiède, mais enfin, on demande de réfléchir de façon autonome et originale bien plus qu' »avant ».

D’autre part, dans les faits, on rencontre encore des enseignants qui bachotent. Mais pas tant que ça.

Enfin, on rencontre beaucoup d’élèves qui, eux, se limitent à bachoter, répéter, se farcir le crâne de choses qu’ils ne comprennent pas vraiment, qu’ils n’ont pas mis en conscience car ils n’ont pas vraiment réfléchi. Ils ont essayé d’apprendre. Ça, ça ne marche pas bien au bac. On peut décrocher la moyenne, mais on ne s’envolera pas. Souvent, ce type de comportement ne concerne pas les élèves aspirant à une classe prépa. Il concerne le gros de la troupe : le grand nombre d’élèves qui ne sont pas spécialement scientifiques, qui n’ont pas spécialement envie de l’être, mais qui ont été de bons élèves, auxquels donc on n’a pas refusé l’orientation en filière S. Mais cette orientation n’est pas une orientation « sentimentale ». C’est un mariage de raison, puisque c’est la filière la plus ouverte et censée être « la meilleure ».

Mais du coup, je ne suis pas d’accord avec cette partie de l’article.

Autre différence majeure: la longueur du sujet.

Au lycée, pour avoir 20/20 à votre contrôle de maths, il faut en général avoir traité toutes les questions. N’espérez pas en faire autant en prépa ! La notation et la longueur des sujets diffèrent complètement entre le lycée et la prépa. Aux concours, vous êtes comparés à tous les autres élèves qui passent l’épreuve comme vous. Au lycée, seules vos capacités sont jugées. Ainsi, il est possible d’avoir 20/20 en maths en prépa en n’ayant pas traité l’intégralité du sujet. Inversement, vous pouvez très bien avoir traité l’intégralité des questions et avoir une moins bonne note que quelqu’un qui est allé moins loin que vous dans le sujet. L’important en maths en prépa est de faire le maximum de questions, à condition de les traiter vite et bien. Au lycée, vous devez normalement être capables de traiter toutes les questions, sauf dans les classes qui anticipent déjà la prépa.

Admettons. Je ne suis pas à 100% d’accord, car certains candidats au bac obtiennent 20/20 sans avoir tout traité (il y a des points bonus, parfois), mais ce n’est pas très important.

Pas de panique ! A la sortie du lycée, vous aurez deux ans de prépa pour vous familiariser avec cette nouvelle approche des mathématiques et arriver prêts aux concours.

 

La fin de cet article est bien faite : à mon sens, celui compte en prépa, c’est de se préparer à l’ « esprit concours ». Vite et bien, oui. Et même plus vite et mieux que le voisin. C’est à cette condition qu’on décrochera l’école à laquelle on rêve. Et c’est pourquoi il faut bosser beaucoup, en prépa, et se préparer à gérer la fatigue, l’organisation et l’échec (temporaire pour la majorité des étudiants). C’est une excellente formation, à beaucoup d’égards. Il faut juste savoir à quoi s’attendre et ne pas oublier de prendre du plaisir dans ses apprentissages. Car le plaisir de démontrer, de comprendre, de communiquer sa pensée est inestimable.

Pour autant, il n’y a pas qu’en prépa qu’on réfléchit vraiment.

Unknown

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