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Le DNB nouveau est arrivé

Dans la dernière revue de presse des Cahiers Pédagogiques, Laurent Fillion revient sur la nouvelle mouture du DNB (diplôme national du brevet),commentée par Le Monde
L’article du Monde explique que « Dans nombre d’établissements, la majorité des élèves de 3e ont déjà le nombre de points pour décrocher l’examen, avant le coup d’envoi des écrits. »
« La validation de ce bagage [le socle commun], que tout élève doit avoir acquis à l’issue de la scolarité obligatoire, compte en effet désormais au brevet en lieu et place des moyennes de notes obtenues dans l’année. Son poids est même prédominant : le bilan des compétences de ce « socle », évaluées selon quatre niveaux de maîtrise – insuffisant (10 points), fragile (25 points), satisfaisant (40 points) et très bon (50 points) –, compte pour 400 points sur 700. »dnb2017-1.png

Mais Laurent Fillion nuance ces propos : « L’article oublie de préciser que c’était déjà le cas avec l’ancienne formule dans laquelle le contrôle continu comptait pour 200 points sur les 360 requis. On est donc passé de 55,55 % de la note globale à 57,14 % ! Pas de quoi crier au scandale.» En effet, la part du contrôle continu demeure approximativement la même. Ce qui change, c’est tout de même le nombre de points attribués aux élèves dans ce contrôle continu : dans mon établissement, les élèves partent avec des scores clairement plus élevés. Certains élèves ont même déjà une mention, ce qui n’arrivait pas auparavant. Il y a sans doute plusieurs causes à cela :

  • Pour un niveau insuffisant on attribue 10 points. Cela dit, je pense que les élèves n’avaient pas des moyennes de zéro non plus avant la réforme. Mais le fait de n’attribuer que quatre scores différents relève les totaux, comme cela a été le cas sur les épreuves de langues à l’oral au bac. C’est l’effet des paliers : cela profite aux élèves.
  • Dans un établissement comme le mien, dans lequel beaucoup d’élèves sont en réussite, on observe souvent un tassement des « bonnes notes » : comme il existe un nombre assez important d’élèves excellents, les très bons n’obtiennent pas forcément des notes excellentes… Et ainsi de suite. Or cette fois on n’avait le choix qu’entre quatre niveaux de maîtrise. Ici encore, cela a profité aux élèves : « très satisfaisant » a été attribué aux excellents, aux très bons, parfois aux bons. Je pense que ces seuils vont donc déclencher une pluie de mentions. Il est possible que le nouveau système profite particulièrement aux bons élèves, dans des collèges de ce type.
  • Dans mon collège (car je sais qu’ailleurs cela a pu être différent), les collègues ont réfléchi vraiment en termes de compétences : ils n’ont pas transformé des moyennes en niveau de compétences, mais ont essayé de mesurer vraiment les acquis fonctionnels des élèves, en prenant aussi en compte ce que les élèves savent faire en plus du scolaire pur. Ainsi, une nouvelle façon d’envisager les choses a naturellement émergé et de nouveaux critères d’évaluation se sont construits. L’évaluation, au final, n’est forcément pas la même.

Si je résume, donc, la part du contrôle continu est stable, en gros, mais la méthodologie d’évaluation et l’effet palier changent le nombre de points dudit contrôle continu.

La question suivante, c’est : est-ce que c’est grave ? Rappelons-nous que notre pays est mauvais aux tests internationaux, pour des raisons multiples et d’ordres variés, dont le fait que nos enfants sont stressés par une évaluation mal vécue, donc sans doute inadaptée. Laurent Fillion apporte une réponse :

« L’idée selon laquelle un examen n’aurait de la valeur que s’il n’était réussi que par un petit nombre est tout de même très critiquable quand il s’agit comme avec le DNB de valider les apprentissages communs à une très large majorité des élèves. Rien de scandaleux non plus au fait que des élèves l’aient déjà avant les épreuves finales. L’évaluation et la validation sérieuses des compétences travaillées au collège peuvent en effet suffire.

Et si le vrai scandale c’était d’avoir conservé ces épreuves écrites inutiles et coûteuses ?

Et pensons aussi à ces élèves qui ne parviendront pas à l’obtenir ..

Voilà, tout est dit !

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