ça m'énerve·Tous ensemble !

Colère d’une petite matheuse

Je suis débordée, et je n’ai pas le temps d’écrire les articles que j’ai sur le feu. Cela va venir, mais pas aujourd’hui. Cependant, en voilà un vite fait, parce qu’il faut que ça sorte.

Alors attention : dans la suite, n’interprétez rien sur le plan politique. Il est ici question de principes. Je n’exprime pas d’avis sur La France Insoumise, ni sur En Marche!, ni sur le fait que Cédric Villani ait souhaité être député.

Monsieur Mélenchon dit : « J’ai vu le matheux ». Je trouve cela grossier, et certainement pas digne d’un homme d’envergure politique nationale et qui possède un mandat de député. D’abord, quand on veut être correct, on appelle les gens par leur nom. Ensuite, « le matheux », c’est manifestement connoté de mépris ici, et c’est mettre dans le même sac tous les « matheux », avec dédain. Pour ma part, je ne suis pas matheuse à la façon de Cédric Villani ; je ne suis pas chercheuse, je suis juste prof de maths. mais je suppose quand même que je fais partie, pour monsieur Mélenchon, des « matheux » en général. Je me suis sentie moi-même méprisée par cette formulation. C’est une façon de rejeter l’autre, sur la base de son activité. Et paf, il se trouve que ça concerne les maths. Nous sommes nombreux à dépenser de l’énergie pour transmettre le goût des maths, le sens de leur utilité, la conscience de leur intégration à notre environnement, leur aspect naturel, humain. Jean-Luc Mélenchon détricote, par une entrée en matière provocatrice, notre travail.

Ensuite, il insinue que Cédric Villani a « une conscience sociale assez faible ». Mais qu’en sait-il ? Pour ma part, j’ai aidé, sur sa demande, monsieur Villani, après une réception à l’institut Henri Poincaré, à mettre en boîte les petits fours et les verrines qui restaient, alors qu’il appelait au téléphone des étudiants pas très favorisés financièrement pour qu’ils viennent chercher leur panier repas, au lieu de tout jeter. Cela ne fait pas de Cédric Villani un ange, ni forcément quelqu’un à la conscience sociale développée de façon générale. Mais j’ai tout de même l’impression que Jean-Luc Mélenchon cherche à faire un buzz (qui fonctionne, bravo, et en plus j’ai les nerfs par-dessus le tricot, maintenant) sans savoir de quoi il parle.

« je vais lui expliquer ce qu’est un contrat de travail, il va tomber par terre. Il ne sait pas ce qu’il y a dedans. Il ne sait pas que la journée de 8 heures, c’est 100 ans de lutte. Le gars croit que ça a toujours été comme ça ». Là encore, qu’en savez-vous, monsieur Mélenchon ? C’est quoi, ces clichés ? Parce qu’on est « matheux », parce qu’on est « intello », on n’a ni culture, ni conscience sociale ? Et on n’a pas les pieds sur terre sous prétexte qu’on manipule des concepts abstraits ???

Stratégiquement, tenir de tels propos est vraiment une belle erreur : sans aucun parti pris pour En Marche! et sans être un fan de Cédric Villani (autrement que mathématiquement), j’ai été heurtée par les propos de Jean-Luc Mélenchon. Or les professions dites intellectuelles ont plus voté Mélenchon que la moyenne nationale.

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