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Monsieur Blanquer : pourquoi pas ?

Jean-Michel Blanquer est notre nouveau ministre de l’Education Nationale. Né en 1964, il a été Directeur général de l’enseignement scolaire au Ministère de l’Éducation nationale  (DGESCO) de 2009 à 2012. Il est professeur de droit public, a été président de l’Institut des Amériques (IdA) et directeur général du Groupe ESSEC1. Agrégé de droit public, Docteur en droit de l’université Panthéon-Assas, titulaire d’une maîtrise de philosophie et d’un DEA de sciences politiques de Sciences Po Paris, il a aussi étudié à à Harvard. Il a occupé diverses responsabilités administratives et scientifiques, en rapport avec l’éducation, le droit public et l’Amérique latine (il est président du groupement d’intérêt scientifique « Institut des Amériques »).

La bonne nouvelle, c’est qu’il connaît vraiment l’éducation nationale. C’est incontestablement un bon point. La dernière lettre de l’OZP (l’observatoire des zones prioritaires) le décrit ainsi :  » Les premiers échos de la presse en tracent un portrait contrasté, idéologue ou pragmatique, libéral par son volonté de développer l’autonomie des établissements mais très impliqué dans des dispositifs d’égalité des chances et d’ouverture sociale : tous les observateurs sont d’accord cependant pour le définir comme un homme de droite excellent connaisseur du système éducatif. » Le Nouvel Obs souligne que Jean-Michel Blanquer a été recteur de l’académie de Créteil, ce qui constitue en effet une expérience indéniable :  « là où se concentre le plus gros des réseaux Capture d’écran 2017-05-20 à 16.34.00.pngd’éducation prioritaire, il avait multiplié les expérimentations, donnant parfois le tournis au monde enseignant : mallette pédagogique pour les parents de collégiens en 6e, promotion des internats d’excellence, développement des conventions ZEP, permettant un accès privilégié à Sciences Po, cartable numérique, cagnotte pour inciter les décrocher à être assidus. « Il ne fallait pas lui dire : Ça n’est pas possible », explique Laurent Petrynka, son directeur de cabinet de l’époque. » Le Figaro se souvient aussi « d’idées remarquées : il fait chanter la marseillaise aux écoliers, invente des stages de « tenue de classe » pour les professeurs. » La Croix nous rappelle qu’il est l’origine de la création des préfets des études, fonction que j’ai occupée avant de me faire violemment dégommer par mes collègues de l’époque. C’est aussi lui qui a organisé les 80 000 suppressions de postes d’enseignants entre 2009 et 2012, sous le gouvernement Sarkozy.

 Qualifié parfois de « recteur bouillonnant « , d’« hyper-recteur », Le Monde le voit comme « un homme pragmatique, qui croit au pilotage par la science et les résultats. Son mot d’ordre serait : Pourquoi pas ?

Un article du Monde du 18 mai souligne quelques priorités supposées, vu son parcours précédent, de monsieur Blanquer :  « les premières années de la scolarité, la proposition de diviser par deux la taille des classes dans les zones d’éducation prioritaire, les stages de remise à niveau, l’été, pour les élèves en difficulté, les études dirigées le soir pour les collégiens, une réforme du baccalauréat, un principe d’autonomie très fort… » Selon cet article du Monde, monsieur Blanquer préfère à l’image du mammouth « celle du diplodocus, avec un grand corps et une petite tête « .

Le Café pédagogique, lui, identifie quatre priorités pour notre nouveau ministre : différencier les parcours des élèves (« la république ce n’est pas l’uniformité »), l’école primaire du lire, écrire, compter (le ministre promet qu’en fin 2017-2018 « il n’y aura aucun enfant qui sorte de CP avec des retards importants en lecture écriture calcul »), les dédoublements et les rythmes, et enfin les bilangues et les langues anciennes.

Dans un de ses ouvrages, monsieur Blanquer pose ses principes :

  • l’autorité, avec des pouvoirs accrus aux chefs d’établissement et aux directeurs d’école. Les enseignants seraient recrutés sur profil et évalués par les seuls chefs d’établissement. Les inspecteurs disparaitraient, fondus dans un corps unique avec les chefs d’établissement. Dans le même ordre d’idée, Jean Michel Blanquer évoque « le respect du ministre et le respect que les familles et les élèves doivent avoir pour les professeurs ». Il semble tenir à l’idée de compétences en tenue de classe pour les profs.  » L’autonomie des établissements n’est pas synonyme de caporalisation mais de travail d’équipe. C’est une logique de responsabilisation » dit-il. Il souhaite que les chefs d’établissement aient une large liberté pour affecter la dotation horaire entre les disciplines.
  • Les fondamentaux, c’est-à-dire semble-t-il le français et les maths. Au primaire, ces deux disciplines représenteraient 20h / 26 h d’enseignement (actuellement il y a 24h d’enseignement). Dans le secondaire, elles représenteraient 10 heures hebdomadaires au minimum.
  • La hiérarchisation. Le nouveau « collège commun » préparerait des parcours spécifiques pour les élèves réunis en « groupes de compétences », une formule qui pourrait bien se réduire à des groupes de niveau. Il a aussi recommandé la fin de la poursuite d’études supérieures pour les bacheliers de l’enseignement professionnels.

Bon, c’est difficile de se faire une idée a priori. Certains points me semblent séduisants, d’autres au moins valoir la peine d’en discuter, et quelques-uns me déplaisent franchement. Mais si nous pouvions avoir un ministre qui soit actif, ait l’intérêt des élèves comme ligne de mire prioritaire et sache faire bouger les choses, ce serait bien. Quitte à ne pas être d’accord avec tout. Si au final nous faisions mieux qu’actuellement, ce serait déjà ça.

Alors je partage cette devise : pourquoi pas ?


 

 

 

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