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Le DNB nouveau est arrivé (à Pondichéry)

A Pondichéry, les candidats au DNB ont passé leur épreuve de mathématiques le 2 mai. C’est intéressant pour nous, car c’est la première fois que le nouveau programme s’exprime sous forme d’évaluation certificative. Alors voyons voir.

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Je pense que cet exercice va surprendre une partie des collègues. Lors des formations aux nouveaux programmes, j’ai souvent entendu que la résolution d’équation perdait de l’ampleur. Or ce n’est pas le cas, comme d’ailleurs le disent les programmes officiels de cycle 4 :

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Cet exercice est bien dans les clous de ce qui était annoncé, et affirme, me semble-t-il, des objectifs qui ne sont pas vus au rabais. On demande tout de même aux candidats de factoriser une expression, alors que ce mot n’apparaissait dans aucun sujet de 2016.

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Des probas, assez classiques : pas d’expériences répétées. L’objectif est aussi de mobiliser les connaissances en arithmétique, avec l’apparition des nombres premiers, nouveauté des programmes.

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Aaaaaah. Plus que tout autre domaine, voici ce que tous les profs de maths de collège voulaient scruter : l’algorithmique. Les auteurs du sujet ont veillé à ne pas prendre de risques particuliers, pour la première année où Scratch déboule dans le DNB. Ils ont eu bien raison : les candidats de cette année n’ont eu qu’un an pour d’y former. Il est prévisible que dans les années à venir davantage de boucles et de conditions apparaissent dans les sujets.

La première question permet au candidat de s’approprier le programme, et on traverse ensuite plusieurs compétences en calcul et en résolution d’équations, même si cela peut être implicite dans la question 2. Et puis on modélise, et on prolonge avec un programme de calcul écrit de façon plus « habituelle ».

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Denis nous emmène dans le domaine des statistiques, des fonctions et du tableur. On peut remarque l’absence de référence à la nature des fonctions étudiées, qui sont vraiment uniquement étudiées pour répondre à une question concrète, et l’absence de représentation graphique et donc de lecture graphique, forcément. Au début de l’exercice, la question sur l’étendue est un tout petit peu originale, l’étendue étant rarement convoquée. J’aime bien la question 3b sur la moyenne, qui change d’un calcul direct de moyenne et permet d’évaluer la compréhension du principe de cet indicateur.

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Dans la première partie de l’exercice, il est question de pourcentages : la notion elle-même, la violation en pourcentage, l’idée de variation relative ou absolue. Dans cet exercice particulièrement, je trouve le contexte et le vocabulaire compliqués et peu accessible à des élèves en difficultés. En même temps nous sommes à Pondichéry et les problématiques doivent être différentes de celles du Havre.

J’aime bien l’idée de faire référence à une unité produit. Dommage qu’elle ne serve à rien, dans le sens où on ne l’exploite pas en tant que telle.

La fin de l’exercice propose une formule que les candidats ne connaissent pas et évalue leur capacité à s’emparer d’une information. Il faut passer du diamètre au rayon et identifier les différents facteurs. Il s’agit aussi de manipuler les unités de mesure correctement, puisque les dimensions sont exprimées en centimètres et en mètres et que le volume est demandé en mètres cube.

La toute dernière question revient sur les diminutions en pourcentages : cette fois, il faut en calculer une.

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Voilà du grand classique, qui a le mérite d’être conceptualisé de façon réaliste et de mobiliser des compétences et des connaissances variées (le théorème de Pythagore, de la trigonométrie, la proportionnalité). Nos élèves sont préparés à ce type d’exercice, d’autant que le sujet métropolitain de juin 2015 proposait un exercice de nature similaire.

La première question revient sur l’objectif prioritaire du collège : la proportionnalité (qui touche des tas de domaines et inclut moult connaissances et compétences).

La question 2 doit être là en tant que tâche à prise d’initiative, mais je suis assez déçue : par rapport aux sujets des années précédentes, on va là beaucoup moins loin. Cette question n’a de prise d’initiative que le fait de devoir choisir la bonne opération et structurer le tout. C’est déjà ça, mais on est loin de l’idée de problème ouvert, et je trouve cela dommage.

Au final, ce sujet semble accessible globalement. Forcément il va faire naitre des frustrations : pour ma part, je regrette donc l’absence de question véritablement ouverte, et la partie géométrie me paraît insuffisante, dans le sens où il n’y a là que de la géométrie « de calcul ». Aucune construction n’est demandée, non plus. Mais on ne peut pas plaire à tout le monde, et le sujet ne me déplaît d’ailleurs pas non plus…

Vous trouverez le sujet ici et le corrigé .

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2 réflexions au sujet de « Le DNB nouveau est arrivé (à Pondichéry) »

  1. Bonjour Claire,
    Je suis vraiment du même avis concernant le problème « ouvert » que je trouve trop pauvre par rapport à d’autres sujets d’années précédentes qui demandaient de comprendre plusieurs types de documents, d’en extraire les informations pertinentes et de construire un raisonnement structuré à partir de celles-ci. Quand nous travaillons ce type d’exercices en classe, parfois même avec des 5èmes cette année ( qui sont fiers de résoudre des exercices du DNB), les élèves sont toujours étonnés au final de voir que les calculs demandés sont simples et que c’est surtout l’extraction des informations et la construction du raisonnement qui peuvent poser des soucis. En revanche, les exercices 1 et 3 me déplaisent fortement au regard du discours qui nous est tenu lors des formations ou inspections. Je m’explique. L’exercice de calcul littéral est un exercice de technique pure, technique qui est indispensable dans l’optique du lycée, mais dont on nous rabâche qu’elle ne doit pas être l’objectif du collège puisqu’il faut donner du sens au calcul littéral. Là, c’est franchement un exercice du passé totalement contraire aux discours actuels : c’est en ce sens qu’il me dérange considérablement. J’ai un ressenti comparable avec l’exercice d’algorithmique puisqu’on nous répète en formation que l’algorithmique doit être abordée de façon ludique et ne pas être au service d’algorithmes mathématiques du type algorithme d’Euclide, algorithme de Héron ou algorithme de calcul littéral. On est en totale contradiction avec ce qui est dit et cela m’interpelle fortement : quelque part, j’ai même envie de dire que cela me culpabilise vis à vis de ce que je propose à mes élèves même s’il faut reconnaître que l’algorithme utilisé n’est pas compliqué du tout et qu’aucun risque n’est pris effectivement par ses concepteurs.. Alors merci de cet article, d’autant que venant de quelqu’un aussi investie dans la formation et dévouée à ses élèves, il n’en est que plus intéressant !

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  2. Merci pour ce commentaire ! Nous sommes en effet sur le même longueur d’onde, mais merci pour la dernière phrase. Elle me fait vraiment plaisir…

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