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Pourquoi évaluer l’algorithmique est-il difficile : c’est Arnaud qu’a commencé !

Capture d_écran 2017-03-19 à 12.10.57Sur le site d’Arnaud Dudu, vous trouverez ici un article qui pose la question suivante : « pourquoi évaluer l’algorithmie, c’est difficile? ».

En v’la une bonne question, ça ne m’étonne pas d’Arnaud. Il faut aller lire l’article (et tous les autres aussi, d’ailleurs). Mais je reprends tout de même quelques points, pour pouvoir proposer mon point de vue. Arnaud commence par distinguer l’algorithmique branchée (devant l’ordi) de la débranchée (ben… sans ordi, du coup. Devant une feuille de papier, comme aux épreuves de DNB). Et Arnaud écrit qu’on n’évalue pas la même chose en mode branché ou débranché :

 » Dans l’activité « débranchée », on ne peut qu’évaluer la capacité des élèves à ‘lire’ un programme et le ‘modifier’ (les guillemets sont importants).

Dans l’activité « branchée », on peut évaluer la capacité des élèves à lire un programme, le modifier et en créer un. »

Ben là, je ne suis pas d’accord. Je trouve que le mode débranché est d’ailleurs plus difficile et que ton « on ne peut évaluer QUE… », Arnaud, est un peu valorisant pour ce pauvre mode débranché. Ok, on évalue la lecture, l’interprétation, la compréhension des élèves en débranché, et leur capacité à transformer un algo dans un but donné. Mais en débranché, je crois que nous pouvons aussi nous donner pour objectifs de les faire élaborer un programme, à condition de leur donner accès à la bibliothèque de choix des instructions (ou d’instructions sélectionnées) sur papier.

Dans ce cas, le mode débranché permet dévaluer les mêmes compétences et/ou connaissances, à ceci près que l’élève voit le résultat de son algo et peut se corriger. Il a aussi accès à des procédures par tâtonnements, ce qu’il ne peut pas faire en débranché.

A mon sens, on peut proposer le même type d’activité en branché et en débranché, mais pour pouvoir la faire en débranché il faut d’abord avoir bien bossé le mode branché. Les élèves ont besoin d’expérience.

Arnaud continue : « Cependant la lecture et la modification d’un programme dans l’activité « branchée » et « débranchée » ne mobilise pas les mêmes capacités. »

Ah ben oui voilà, d’accord, là. Le « chercher », par exemple, ne sera pas le même. Le « communiquer » non plus, dans le fond. Et l’enseignant devra s’adapter pour évaluer.

Mais tu vois, Arnaud, quand tu écris qu’en mode débranché « l’analyse est donc réduite à la théorie, le non droit à l’erreur », je ne suis pas d’accord non plus. On a toujours le droit à
Capture d’écran 2017-03-19 à 12.11.04.pngl’erreur, c’est juste qu’en débranché on va peut-être la repérer plus difficilement. Et dans le fond peut-être aussi y a-t-il là un enjeu péda pour nous : comment donner aux élèves les moyens de comprendre si leur programme, écrit en mode débranché, va coincer ?

Pour cela, il me semble qu’on peut procéder comme en lycée avec la programmation, et leur faire présenter les différentes étapes du programme (souvent sous forme de tableau lorsqu’il y a un ou plusieurs boucles), et les faire faire tourner le programme « à la main ». Pour l’avoir mise en oeuvre souvent, cette pratique permet de faire comprendre aux élèves les procédures du langage de programmation. Ils prennent la place du logiciel, ils parlent le langage, ils traitent le programme dans la moulinette de leur cerveau, et bien souvent ils progressent en algorithmique, et cela se ressent ensuite en mode branché. En fait, je crois que le mode branché et le mode débranché doivent être utilisés en alternance très serrée : par exemple, je commence au tout début par du débranché en classe, puis je projette pour illustrer mes propos, et nous travaillons en branché. Mais il y a toujours des moments où il faut cesser (de force, car les élèves sont scotchés aux PC) le branché pour se rassembler autour des tables, sortir le crayon et bosser sur la fiche. Ensuite seulement, on retourne au mode branché. Je crois identifier des procédures mentales, cognitives, différentes selon le choix du mode, mais je crois qu’il faut les mobiliser toutes, alternativement, fréquemment, pour que l’élève donne du sens à ce qu’il fait, qu’il soit en mesure d’activer son geste de compréhension, puis de réflexion, et au final d’imagination créatrice.

Alors quand tu dis que « l’activité « débranchée »  est moins riche et elle se limite quasiment à la restitution de connaissances brutes de l’informatique », alors là non non non, je ne suis pas d’accord. Selon moi, c’est un peu comme si tu disais que la démonstration en géométrie, c’est moins riche que de faire la figure et de lire dessus une pseudo-conclusion. Bon, c’est un chouillat provocateur de ma part, mais en même temps on pourrait imaginer un programme en mode branché, qui fournisse ce qu’on attend de lui, mais sans être « juste », ou sans s’arrêter, par exemple. Qu’en penses-tu, Arnaud ?

Arnaud revient ensuite sur sa question de l’évaluation de l’algorithmique. C’est vrai que c’est complexe. Pour ma part, j’évalue de deux manières : jusqu’ici, j’ai évalué les traces écrites attendues dans mes fiches (il y en a ), et en validant certains des programmes. J’ai raconté un peu tout ça ici. J’ai aussi commencé à évaluer du mode débranché au travers d’exos faits à la maison, corrigés soigneusement en classe. Et à la prochaine évaluation (dans dix jours), j’évalue en débranché.

Et enfin, Arnaud termine par une série de questions (hyper pas toutes simples 🙂 ) que nous devrions tous nous poser (j’ai mes avis à moi, forcément, mais là je crois qu’il faut qu’on s’organise un autre barbec’, Arnaud. Ce sera plus rigolo que de débattre virtuellement.

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4 réflexions au sujet de « Pourquoi évaluer l’algorithmique est-il difficile : c’est Arnaud qu’a commencé ! »

  1. Rah, ouais il faudrait un autre barbec’!
    Alors en fait je voulais soulever le problème du non droit à l’erreur, comme test, le fameux, je teste pour voir car je ne sais pas où j’en suis, c’est ce comportement qu’on ne peut adapter à l’activité débranchée.
    Peut-être un peu maladroit comme écriture… m’enfin c’est mon côté tranché que j’aime parfois avoir pour permettre l’émergence de débats.
    D’ailleurs content que tu y répondes!!! 🙂

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  2. Je suis effectivement bien plus d’accord avec le discours de Claire que d’Arnaud. Le débat me semble hélas trop délicat pour se contenter de correspondance écrite (numérique en l’occurrence). On a du boulot en tout cas, même si la didactique de la science informatique n’est pas nouvelle.

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