Apprendre·Chez les chercheurs·Pour mes étudiants

Faut-y être plein ou faut-y être peu ?

Pour enrichir mes connaissances sur la différenciation (la dernière partie de la conférence de consensus a lieu cette semaine, et je lis tout ce que je trouve sur le sujet, après avoir lu et relu les documents de travail), je me suis plongée aujourd’hui dans le rapport demandé par le Haut Conseil de l’évaluation de école, intitulé « Les recherches sur la réduction de la taille des classes« , par Denis Meuret, de l’université de Bourgogne. Le document n’est pas récent (2001), mais il est fort intéressant et ne m’a pas semblé décalé avec l’actualité que nous vivons dans nos classes.

Comenius (né en 1592, mort en 1670, philosophe, grammairien et pédagogue tchèque) disait « Plus grand est le nombre d’élèves qu’il voit devant lui, plus gracapture-decran-2017-03-05-a-18-00-36nd est l’intérêt que l’enseignant prend à son travail. Pour les élèves, de la même manière, la présence d’un bon nombre de compagnons sera productrice non seulement d’utilité mais aussi de plaisir« . On mesure comme les temps ont changé : un enseignant face une classe de 50 élèves, voilà qui n’est pas une pensée dans l’air du temps. Et qu’un élève considère ses camarades de classe comme des compagnons non plus, malheureusement. Si en plus on se place dans un établissement en éducation prioritaire, on constate violemment comme la société a évolué (bon, depuis les années 1600 c’est logique… Mais faut-il remonter si loin pour aboutir à ce constat ? )

Denis Meuret explique, dans la première partie de son rapport, comme il est compliqué trouver un protocole scientifique, qui permettre une véritable comparaison. C’est le problème classique du « toutes choses égales par ailleurs », qui est bien difficile à mettre en place, d’autant que l’étude tente d’être internationale, mais cela pose la question de la transférabilité… Meuret écrit que « on trouve une étude concluant en faveur de classes plus petites, deux études concluant en faveur de classes plus grandes, jusque vers 23 élèves, et cinq études concluant à l’absence d’effet significatif de la taille des classes, le tout concernant des classes de primaire. En collège, la balance penche pour l’absence d’effet.

capture-decran-2017-03-05-a-18-00-44Mais Meuret propose une autre entrée : il pose la question des pratiques enseignantes. Sont-elles les mêmes selon l’effectif des classes ? Forcément non : l’enseignant va disposer de plus ou moins de temps moyen « par élève ». Les petites classes favorisent, dans différents pays, le climat scolaire dans la classe, le moral des enseignants, la réduction des problèmes de discipline, des pratiques d’individualisation. Pour autant, les enseignants traitent autant de parties du programme, quel que soit l’effectif. D’autre part, même si le climat scolaire est amélioré pendant le cours, les petites classes favorisent les « cliques » et le rejet d’élèves au sein du groupe.

La conclusion du rapport met en évidence quelques points qui nuancent le reste : même si l’effet de la réduction des tailles de classes est faible, il est tout de même nettement plus important pour les élèves défavorisés et ne prend de sens qu’en réduisant de façon importante le nombre d’élèves par classe (moins de 20 élèves). D’autre part, les effets bénéfiques perdurent même une fois que les élèves ont rejoint des classes d’effectif plus important.

A la fin du rapport de Denis Meuret, vous pourrez lire l’avis du Haut Conseil de l’évaluation de l’école.

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