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De l’usage de l’évaluation

L’évaluation est au coeur de la réforme du collège, et au coeur des questions d’enseignement.

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Sur Eduscol toujours, par exemple dans le domaine des langues vivantes, on trouve aussi ceci :

« Seul un entraînement cohérent et adapté peut mener à une évaluation positive et réussie. Elle est un outil de progrès car elle permet de valoriser les acquis au service d’une nouvelle étape d’apprentissage. (…)

L’évaluation permet à l’enseignant :

  • de situer l’élève dans son parcours d’apprentissage ;
  • d’affiner le profil linguistique de l’élève en distinguant clairement ses compétences dans chacune des cinq activités langagières ;
  • de réajuster éventuellement sa progression en fonction des évolutions constatées ;
  • de réfléchir à des dispositifs adaptés de différentiation pédagogique.

L’évaluation permet à l’élève de :

  • prendre conscience de ses progrès et de ses besoins dans la langue ;
  • comprendre l’intérêt des activités de remédiation proposées par l’enseignant. »

On voit bien que tout ceci est transposable, parfois directement, dans toutes les disciplines.

Alors voici ma question : est-ce bien raisonnable qu’un élève de début de collège m’explique, fatigué par avance, qu’il va passer ses vacances à travailler parce qu’il aura six ou sept évaluations en trois jours à la rentrée ? Sont-ce des conditions favorables d’évaluation ? Et d’ailleurs, pourquoi toutes ces évaluations d’un coup ? Parce qu’il faut des notes, la fin du deuxième trimestre approchant à grands pas. Mais c’est contraire à l’intérêt de l’élève, de façon immédiate et à plus long terme (la façon dont il va envisager l’évaluation va être dégradée), et ce n’est pas ce que l’institution attend. De plus, je ne peux pas imaginer que six ou sept enseignants ont atteint pile poil en même temps le « bon moment » pour évaluer une séquence.

Evaluer devrait se faire en continu, en proposant des réévaluations pour permettre de remédier et de progresser. Evaluer devrait être un non-événement. « Ne pas avoir assez de notes » n’est pas un argument, ni un problème. La seule question intéressante est celle des compétences : que sait faire cet élève, qu’a-t-il appris, qu’a-t-il compris ? Mais c’est vrai, cela nécessite une réflexion de fond de notre part à tous, réflexion qui a des conséquences importantes sur nos pratiques pédagogique et didactiques, et qui va demander de travailler différemment.

Au final, enseignants, élèves et parents se stressent tous sur cette façon figée et concurrentielle d’envisager l’évaluation. Nous sommes tous d’accord pour dire que notre système est trop élitiste, que les enfants réussiraient mieux s’il apprenaient pour le plaisir d’apprendre, que PISA montre les limites de nos pratiques.

Et pourtant, les changements sont lents et à la marge.

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Une réflexion au sujet de « De l’usage de l’évaluation »

  1. C’est hélas tout à fait ça…
    Une collègue me suppliait il y a deux jours de rentrer nos évaluations de brevet blanc en -20-10-20 sur 50 au lieu de 50 d’un coup…Pas pour rendre transparentes l’acquisition des compétences par les élèves non, mais « pour donner l’illusion qu’on avait plus de notes pour trimestre! » (sic!)

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