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Paradoxes et genre

Un lecteur m’a envoyée vers un article du Café Pédagogique, paru hier, intitulé « Confirmé : L’Ecole préfère et surnote les filles« . François Jarraud explique qu’une étude italienne sur des élèves de sixième confirme ce qu’une autre étude, française, avait mis à jour : « les filles sont surnotées,  particulièrement en maths ».

La méthodologie de l’étude française est simple : on a comparé les résultats de travaux corrigés d’élèves, de façon anonyme et non anonyme. « L’écart de notation est d’environ 6% en faveur des filles quand les travaux ne sont pas anonymes. Elles dominent alors les garçons. Quand les travaux sont anonymes, les résultats des garçons dominent de façon claire ceux des filles en maths. Une situation qui ne se retrouve pas, en France, pour les devoirs de français.« 

L’étude italienne, elle, montre que l’évaluation par les enseignants est défavorable aux garçons, de façon deux fois plus importante en maths !

Mais pourquoi ? Pour Adriana Di Liberto et Laura Casulales enseignants « ont tendance à favoriser un comportement « de fille » en classe. Et punissent d’autant plus les garçons pour leurs écarts de comportement ». En fait, les filles se conforment davantage aux exigences scolaires en terme de comportement, d’engagement dans les études, de contrôle de soi. François Jarraud écrit « et finalement cela leur réussit. Enseigner ces compétences reste encore un défi peu relevé dans le système éducatif français. »

Jean-Louis Auduc, un expert sur les questions de mixité, livre une analyse un peu différente : les enseignants sur-valoriseraient les filles en interprétant de façon erronée ce qu’est encourager, pensant que les filles sont plus en difficulté scolaire que les garçons.

Evidemment, tout cela a sans doute des effets délétères, si les un(e)s et les autre(s) le perçoivent : on n’est pas dans l’égalité, à nouveau. En Italie, les garçons décrochent bien davantage que les filles (18% contre 12%). Est-ce directement lié ?

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Enfin, C Terrier souligne que  » En mathématiques, les classes dans lesquelles les enseignants présentent les plus forts degrés de discrimination positive envers les filles sont aussi les classes dans lesquelles les filles progressent le plus relativement aux garçons ». Mais pourtant, mieux vaudrait pouvoir utiliser l’évaluation pour encourager (de façon juste et la plus objective possible) filles comme garçons… Le fait que les filles évoluent mieux que les garçons est-elle due à une approche différente, ou au fait qu’on « saque » les garçons ? Et comment lier tout ceci à la trop faible représentativité des filles dans les études scientifiques ?

Je remercie en tout cas le lecteur qui m’a orientée vers cet article. D’abord parce qu’il me fait vraiment réfléchir, et qu’il nous faut prendre conscience de cette pratique néfaste, même si elle est inconsciente. Ensuite, parce que ce conseil de lecture faisait référence à mon précédent article, et cela me fait réfléchir encore différemment.

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