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Latin, grec et maths.

Question d’élèves de sixième : pourquoi des préfixes latins et d’autres grecs pour les unités de mesure ?

Les élèves qui ont posé cette question savaient déjà que les préfixes du système métrique suivent un principe, du moins pour les unités « usuelles » au niveau du collège : les multiples de dix portent des préfixes grecs et les sous-multiples des préfixes latins. Exemples :

  • Déca- : du grec deka, dix. Préfixe qui signifie 10 ou « multiplié par 10 ».
  • Déci- : du latin decimus, dixième. Préfixe qui signifie « divisé par 10 », « dixième ».
  • Hecto- : du grec hekaton, cent. Préfixe qui signifie 100 ou « multiplié par 100 ».
  • Centi : Du latin centesimus, centième. Préfixe signifiant « divisé par 110 », « centième »

Mais pourquoi ?

Plusieurs élèves ont échafaudé leur théorie :
– C’est pour nous embêter ;
– C’est parce que que l’inventeur des multiples a utilisé du latin alors l’inventeur des sous-multiples, pour se distinguer, a choisi le grec ;
– Les Latins ont inventé les uns et les Grecs ont inventé les autres.

Hé bien non. Rien de tout cela.

En fait, en 1789, chaque pays possédait ses propres unités de mesure dont les valeurs étaient différentes (comme encore maintenant avec nos mètres et les miles britanniques, par exemple). En France on trouvait même des unités différentes selon les régions. Pas très pratique !
Après quelques propositions rejetées, l’Assemblée nationale adopte en 1791, la proposition de l’Académie des sciences d’une unité fondée sur la grandeur du quart du méridien terrestre. Le mètre sera la dix millionième partie de cette grandeur. A cause de problèmes d’ordres politiques et diplomatiques, il faut attendre la toute fin du 18ème siècle pour qu’un système métrique détaillé prenne forme officiellement, avec cette fameuse répartition multiples/sous-multiples en termes d’étymologie.

Pour les unités, il s’agit d’une convention. Mais il n’y a pas que les unités qui balancent entre latin et grec :

  • Quadrilatère : du latin quatuor, quatre et latus, lateris, côté.
  • Tétraèdre : du grec tetra, quatre et hedra, face.

Allons bon.

Certains mots existent même à partir du latin et à partir du grec. A un moment donné, on a préféré l’usage de l’un ou de l’autre. Par exemple, l’équivalent d’origine grecque du mot quadrilatère est tétrapleure (quatre côtés) ou tétragone (quatre angles). Ces mots ont été employés à différentes époques.

On peut aussi noter que la jolie logique latin/grec n’a plus été respectée à la fin du vingtième siècle, avec les très sous-multiples micro, nano (En 1960, il provient du grec signifiant nain), pico (1960 également, mais, il provient de l’italien piccolo, signifiant « petit »), femto, atto (en 1964, ils proviennent des mots danois femten, signifiant « quinze » et atten, signifiant « dix-huit »), zepto (Adopté en 1991, il provient du latin septem, sept car 10 puissance -3 élevé à la puissance 7 donne 10 puissance -21) et yocto (à nouveau du grec), qui nous viennent donc d’endroits variés.

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Une réflexion au sujet de « Latin, grec et maths. »

  1. Je me demandais pourquoi avoir pris la lettre µ pour désigner le sous-multiple micro.
    Pour tous les autres, c'est la première lettre du terme… alors on devrait utiliser « m ». Zut, c'est déjà pris par milli (du latin mille qui veut dire un millier !)… Du coup on prend quand même la lettre « m » mais en grec « µ ». D'ailleurs, la majuscule de µ s'écrit M … qui est aussi utilisée pour méga qui a droit a une majuscule car c'est grand !

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