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Le métier d’enseignant, pour faire s’interroger sur ce qui fait sens dans la vie

Un article du 31 août dernier, dans La Croix, donne la parole à François Taddei.

François Taddei propose une réflexion sur le numérique éducatif. Il commence par relativiser et met en lumière les différences : « Certains professeurs recourent beaucoup à ces outils, d’autres moins. De même, certains vont utiliser un tableau blanc interactif sans abandonner leurs méthodes d’enseignement très frontales« . En effet, utiliser les nouvelles technologies n’indique pas les pratiques pédagogiques, mais plutôt ce qu’elles ne sont pas. C’est comme travailler dans une salle en îlot : on peut très bien disposer ses tables en îlots et ne pas faire coopérer (ce serait prendre les inconvénients sans les avantages, mais pourquoi pas…). François Taddei rappelle aussi qu’ « en 1920, Célestin Freinet utilisait l’imprimerie pour permettre à la classe de communiquer avec le reste du monde« . Aujourd’hui, le recours à Twitter en est un des équivalents, rien de plus.

Dans la suite de l’interview, François Taddei fait référence à l’adaptative learning, en lien avec la différenciation. Il est sans doute un peu optimiste sur ce thème : si la plupart des enseignants souhaitent différencier, nombreux sont les écueils à surmonter pour parvenir à mettre en place des dispositifs efficaces. Chacun fait sa tambouille, mais c’est sans aucun doute un domaine dans lequel des outils institutionnels au moins un peu clef en main seraient les bienvenus.

François Taddei invite à développer chez nos élèves « un autre rapport, moins consommateur, au savoir« , et ce grâce aussi aux « nouvelles » technologies.

À la sempiternelle question « pourra-t-on un jour se passer d’enseignants », François Taddei répond: « on aura toujours besoin de professeurs jouant le rôle de maïeuticiens. On aura toujours besoin de s’interroger sur le propre de l’homme, sur ce qui fait sens dans la vie« . Je vais relire, relire ce passage, les jours de grisaille : je veux être un enseignant qui interroge sur ce qui fait sens dans la vie.

Monsieur Taddei a publié un livre le 12 septembre :

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Le séisme rentrée

La rentrée, c’est éprouvant pour tous les enseignants. Il faut poser les bases, retrouver tous les réflexes, et le tout avec rigueur pour que les élèves comprennent ce que nous attendons d’eux. Nous sommes le 18 septembre, et aujourd’hui, pour la première fois depuis la rentrée, j’ai eu un moment avec chaque classe, pendant une des heures de cours, où j’ai senti que je maîtrisais le déroulé, que je tenais l’attention des élèves, que je savais où avoir l’oeil, où le temps ne s’écoulait ni trop vite ni trop lentement. Pas du tout un moment détendu, mais un moment satisfaisant dans la forme et le fond. Pourtant je ne galère pas, le reste du temps. Mais je navigue à vue : je ne connais pas bien les élèves, j’expérimente mes séquences au moins en partie, je dois réfléchir pour me souvenir des prénoms, et puis les enfants me posent des dizaines de questions, parfois rigoureusement redondantes, liées à l’organisation. Je leur parle numération, ils réfléchissent à où écrire. Je leur parle proportionnalité, ils se demandent si ils ont collé la feuille au bon endroit, endroit que je viens de répéter et reformuler un nombre considérable de fois. Ceux qui suivent doivent se dire que je radote.

Une difficulté cette année est la propension d’un grand nombre de mes élèves à intervenir de façon intempestive. Ils me coupent la parole, commentent, ou se disputent entre eux. Dans une de mes sixièmes, leurs relations sont pour l’instant assez détestables. J’explique quelque chose, et hop, un(e) élève se met à crier « Mais madaaaaameuuu, i m’embête i touche ma trousse c’est ma trousse je veux pas qu’il y touuuuche » par exemple.

Je me demande si c’est tous les ans, mais je ne crois pas. Cette classe est un peu particulière, c’est différent avec mes autres classes. Pour autant, ils bossent bien et ils vont grandir. Il va falloir que je les aide à distinguer liberté d’expression et intervention inadéquate, à développer leur inhibition en prenant conscience que cela n’affecte pas qui ils sont.

Pour une autre classe, il faut que je les réveille, que j’attise leur curiosité, que je les motive pour faire des maths, et que je leur apprenne à ne pas se moquer les uns des autres.

Ça fait de gros projets, vu de là où on part. Et c’est normal.

Tout ça pour dire deux choses, en réponse à des discussions avec de jeunes collègues : non, même avec vingt ans (et plus…) de carrière, la rentrée n’est pas simple. Alors qu’elle soit franchement compliquée quand on débute, c’est bien normal ; et non, on ne peut pas toujours dérouler ce qu’on pensait présenter mathématiquement, et le temps passé à poser les limites, à connaître les élèves, à redresser un climat de classe qui bloblotte est important. Évidemment, il est hors de question de passer trop de temps à cela, mais on est obligé si on veut ensuite travailler harmonieusement, les élèves, nous et les élèves et nous, ensemble.

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Plickers se transforme (un peu)

Pas beaucoup, mais pour qui, comme moi, le découvre en classe au moment d’une évaluation, c’est inconfortable. Et pourtant les modifications me semblent, passé le moment déstabilisant de surprise, plutôt positives. En vrac :

  • Un environnement un peu modifié, plus clair sans doute ;
  • La gestion des images semble meilleure ;
  • On ne sélectionne plus « live view » mais « now playing » ;
  • La gestion de la file de questions est plus ergonomique ;
  • On ne peut plus cocher et décocher des questions pour isoler une compétence, dommage ;
  • Pour voir qui a répondu en cours d’évaluation, c’est un peu différent. Il faut sélectionner l’icône de droite. Mais c’est aussi affiché au tableau ;
  • Je n’ai eu aucun bug alors que d’habitude je dois quitter et relancer certaines questions. Le bouton central de lancement clarifie les choses ;
  • On peut projeter la ou les bonnes réponses et les répartitions des réponses à partir du téléphone, sans avoir besoin d’aller à l’ordi ;
  • D’ailleurs, on n’a plus besoin du tout d’aller à l’ordi.

Il y a sans doute d’autres nouveautés ; je verrai à l’usage.

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Calcul mental en 1908

Toujours à Quai des Livres, je me suis dégotée un petit livre de calcul mental. J’ai été très raisonnable, cette année, pour les livres de maths : c’est le seul que j’ai ramené. Il s’agit d’un bouquin édité par Hatier, de Lançon, Hannedouche et Bonnemaison. Je n’ai pas trouvé de date, mais il y a un sujet de 1908. A l’époque il était vendu 80 centimes.

Ce qui est rigolo, c’est que dans ce livre qui a plus d’un siècle, je lis :

  • Sur les questions flash et la trace écrite : « Nous rappelons aux maîtres que les séances de calcul mental doivent être courtes et fréquentes. Les exercices oraux sont collectifs puis individuels. Ils sont, ensuite, exécutés par écrit » ;
  • Sur la façon d’envisager le nombre : « Nous conseillons d’exercer les élèves à dire, par exemple pour 3+1=4, 3 et 1 égalent 4, 1 et 3 égalent 4. En principe, nous opérons toujours sur des nombres concrets« . Cela me fait penser à Brissiaud ;
  • Des tas de propositions de jeu du furet ;
  • Des propositions de matériel pour les élèves : « Le tableau VH, transcrit au tableau noir pour les exercices oraux, devra être reproduit sur carton et mis dans les mains des élèves qui s’en serviront pour les exercices écrits » ;
  • Pour multiplier par 10, 100, 1000 : « Quand on multiplie un nombre par 10, chacune des unités qui forment ce nombre devient 10 fois plus forte, les unités deviennent des dizaines, les dizaines deviennent des centaines, les centaines deviennent des mille, etc. Donc le nombre est devenu 10 fois plus fort« . Et zou, une version du glisse-nombre :

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On remarquera qu’avec les décimaux, les chiffres « prennent place » dans une autre colonne, mais que la virgule est sagement restée à sa place :

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  • Tout plein de calcul astucieux : « Pour multiplier un nombre par 18 (2 fois 9) (3 fois 6) (20-2) on multiplie son double par 9. On peut aussi tripler le sextuple du nombre. Mais il est plus pratique de multiplier le nombre par 20 et de retrancher le produit par 2. Chercher le produit par 2 avant le produit par 20 » ;
  • Des conseils pour les opérations sur les décimaux, avec plein d’implicite vers les fractions décimales, mais sans jamais les évoquer :

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Chouette, non ?

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Maths & Caux, la carte !

Aujourd’hui à Rouen, c’était Quai des Livres. Les quais étaient peuplés de bouquinistes, de particuliers, d’auteurs et d’associations qui vendaient du papier. Nous y sommes allés comme tous les ans, et nous sommes revenus chargés, comme tous les ans. En particulier, mon mari (qui est prof d’histoire) a ramené un atlas et une carte, qui tous les deux vont me servir pour travailler les échelles.

La carte, d’abord : une carte du Pays de Caux dont l’iconographie fait penser aux cartes du 18e siècle ; peut-être s’agit-il d’une carte d’état-major (il y a une indication « corps de garde », une « batterie de canons »). Elle a été entoilée, ce qui crée un espace entre les différentes parties de la carte. Son échelle est donnée en toises, et ça c’est bien chouette pour travailler avec la classe :

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Ensuite, l’atlas de Normandie. Il date de 1970. Je pense l’amener en classe pour que les élèves transcrivent les échelles graphiques en échelles numériques, comme petite activité :

Comme je suis en ce moment dans les échelles en quatrième, mais que je ne veux pas y passer trop de temps d’affilée, je vais me garder ça de côté pour réactiver un peu plus tard. Je pense que ce sont des supports qui plairont aux élèves, l’un parce qu’il est vieux et que l’unité est inhabituelle pour eux, et l’autre parce que c’est par chez nous et que le format de l’atlas est sympa. Ils aiment bien les supports physiques dans ce genre.

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Suppressions de postes à l’Education Nationale

Selon les Echos, des suppressions de postes à l’Education Nationale sont envisagées. Selon les auteurs de l’article,  » Jean-Michel Blanquer a entamé un véritable bras de fer avec son collègue au Budget, Gérald Darmanin » :  le nombre de postes à supprimer pourrait atteindre 2000 (sans prendre en compte des recrutements qui existeront forcément).

« Edouard Philippe a annoncé 4.500 suppressions de postes de fonctionnaires en 2019 et plus de 10.000 en 2020. Il s’agit d’accélérer pour atteindre la cible de 50.000 postes en moins au sein de l’Etat sur le quinquennat, alors que 1.600 postes seulement ont été supprimés en 2018. Une cible impossible à atteindre sans mettre à contribution l’enseignement scolaire, qui représente près de la moitié des effectifs. » Les postes d’enseignants ne seraient pas forcément en ligne de mire, et particulièrement pas dans le premier degré, où la situation est déjà tendue. Toujours est-il que rien ne filtre et que les inquiétudes sont légitimes.

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Les échelles : une activité

Un des collègues-fous-furieux-de-la-mutualisation, avec qui je travaille régulièrement avec grand plaisir, a trouvé un document de Sesamaths très intéressant sur les échelles. J’en ai fait celui-ci : Echelles, Claude

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Ce document répond à mes besoins pile en ce moment en quatrième : faire le lien entre échelle graphique et numérique, travailler les agrandissements-réductions, faire un lien explicite avec la proportionnalité. Je pense le proposer aux élèves en autonomie, en aidant ceux qui seront en difficulté. Nous avons déjà traité une activité de questionnement, des exemples, la leçon et quelques exercices ; je vais attendre une semaine que tout ça se tasse dans le cerveau de mes élèves et hop, nous traiterons cette activité. Mais le document initial permettrait d’aborder l’intégralité de la notion.