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Le temps des retenues

Aujourd’hui, j’ai eu plein plein de cours, de 8h à 17h, avec devoirs faits sur l’heure du midi, dont 5 heures avec mes 4e. J’en ressors même pas épuisée, et contente d’eux, qui ont été bien vaillants… Mais pour la peine, je vais vous parler de mon autre classe d’aujourd’hui : les 6e.

Nous avons corrigé ce matin un exercice :

Je croyais avoir traité la leçon sur les unités de durée. Nous nous mettons à la correction de l’exercice, et un élève propose sa solution. Nous commentons. Une autre propose sa solution, qui est fausse. Nous l’analysons, et j’explique pourquoi je remercie cette élève d’avoir proposé sa solution, car ce qui m’intéresse c’est de comprendre les démarches des élèves en face de moi, et qu’ils sont différents de moi. Je peux donc comprendre certaines démarches par expérience ou par proximité, mais même après 25 ans de boulot, chaque année ils me surprennent. Dans la foulée, j’explique ce qu’est la didactique et pourquoi cela me passionne.

Et là, ça marche. « Moi madame, j’ai fait autrement », « moi, je pense que c’est faux, je peux dire aussi ? », etc. SU-PER.

Après réflexion collective, nous avons conservé sept démarches correctes.

Nous avons comparé, catégorisé, discuté. Nous sommes revenus sur la raison qui fait que non, on ne peut pas substituer 1608 ou 16,08 à 16h08min. Nous avons discuté soustraction : pourquoi la soustraction est-elle périlleuse ? C’est une question très intéressante, car elle renvoie au sens de la retenue, que les enfants utilisent souvent sans trop savoir pourquoi. D’ailleurs, ceux qui ont appris la soustraction par cassage sont bien plus à l’aise sur ce type de tâche.

Nous avons discuté efficacité, et conclu que « plus simple » ou « trop compliqué » était relatif dans le cas présent : ce qui compte, c’est d’avoir une démarche juste, et de savoir pourquoi on procède ainsi.

C’était vraiment chouette, et même pas très long à animer. Et à la fin, je dis aux élèves : « c’est drôle, il n’y a qu’une élève qui a utilisé la méthode de l’exemple de la leçon ». Là, les élèves me regardent perplexe : « quelle leçon, madame ? »

Ils ont eu plein d’idées parce que nous n’avions pas traité cette leçon. J’ai confondu avec mon autre 6e. Hé bien c’était bien mieux comme ça ! Du coup, j’ai enchaîné sur cette leçon, avec mon coup classique de l’élève qui fait le soleil et je fais la Terre avec mon mini-globe, et hop les jours, les années bissextiles, et je tourne et je tourne, et les saisons et les climats. Ensuite je passe au calendrier, pourquoi 31 jours en juillet et août qui sont consécutifs, et pourquoi c’est février qui trinque. Tout cela me donne l’occasion de parler fractions, division et arithmétique.

J’adore cette séance.

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Visionner une vidéo, un exercice en soi

Ce matin, nous avons visionné la vidéo du Quartniversaire, en 6e. C’est un des excellent problèmes Dudu.

Nous avons étudié au préalable la mesure du temps (avec la rotation de la Terre autour du soleil, l’inclinaison par rapport à l’axe de rotation, tout ça), la numération des Mésopotamiens (en base 60, tiens tiens). Nous avons réactivé le calcul, et traité quelques problèmes. Nous sommes donc, en principe, en mesure de résoudre ce problème sur le plan mathématique.

Mais comme tous les ans, je dois apprendre à mes élèves à regarder une vidéo. Je trouve ça fondamental, comme compétence, et complexe (dans tous les sens du terme). Depuis des années que je fais travailler mes élèves à partir de problèmes en vidéo, des Dudu ou issus des médias, j’ai appris à les préparer. Mais cela ne suffit encore pas.

D’abord, j’explique que nous allons regarder une vidéo pour résoudre un problème. u’il va donc falloir allumer les neurones (j’en profite pour montrer mon neurone en peluche, accroché au-dessus de mon bureau), et bannir le syndrome canapé-couette. J’ai donc une première exigence : chacun doit avoir une posture adaptée à la classe. Sinon, certains élèves installent leur blouson sur le bureau et s’affalent dessus…

Ensuite, je précise que je vais, une fois le visionnage terminé, faire remplir un document qui me permet de savoir ce que les élèves ont compris et retenu. Dans la foulée, je lis les quatre questions, pour que chacun sache à quoi s’attendre. J’annonce que je n’attends que des réponses contenues dans la vidéo, pas des suppositions (c’est pas rapport à leur âge que j’apporte cette précision, sinon j’ai des réponses du type « ils ont dans les 20 ans » ou, comme ce matin « je dirais 40-50 ». (ça devrait plaire à Arnaud… 😉 )

Et puis je présente les copains Dudu : qui ils sont, où ils travaillent, pourquoi ils s’appellent les Dudu, et je montre sur la feuille le petit dessin avec leur icône.

Hé bien malgré tout, j’ai deux élèves qui n’ont pas été en mesure de répondre à la première question. Comme je m’en suis aperçue, j’ai proposé une incitation : « Y avait-il des lapins, dans cette vidéo ? » Les deux élèves m’ont dit qu’ils ne savaient pas. « Tu as vu des gens ? Des personnes ? » Réponse : « Je ne me souviens plus ».

Ces élèves sont alors en situation de décrochage : ils ne savent pas de quoi on parle, ils n’ont pas les données du problème. Et on peut imaginer qu’ils ne reçoivent pas beaucoup plus d’informations du discours de l’enseignant, le reste du temps. Ce sont les élèves qui n’ont rien noté quand les autres ont écrit plusieurs lignes, ceux qui n’ont pas sorti leur cahier quand l’exercice 1 est bien engagé.

C’est peu, deux élèves qui n’ont pas su. Habituellement, j’en ai davantage. Ils ne sont pas idiots du tout, ni nuls. Mon propos n’est absolument pas celui-là. Simplement, devant une image animée, ils se débranchent. Ce qui fait qu’ils peuvent rester des heures à regarder réellement n’importe quoi, sans réfléchir beaucoup… Et cela les met en danger, car ils peuvent ainsi ingurgiter des contenus inappropriés, sans que cela ne semble les choquer. Mais en fait, que ce sera-t-il passé dans leur cerveau ?

C’est le double effet Dudu : faire faire des maths, mais avant tout apprendre à ne pas mettre son intelligence en mode veille. C’est un super-pouvoir, l’intelligence.

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Une fiche pour Défi relatifs

Cette semaine, mes élèves de 4e vont travailler le calcul de relatifs. Nous allons, entre autres, utiliser la très efficace application Défi relatifs, sur tablettes. Voici donc une fiche qui permet de grader une trace :

Cinéma·Oups·Quel beau métier·Si si c'est drôle

Irriteer de docenten niet…

Jacques Houdoin a partagé ce court-métrage néerlandais sur Twitter. Il est disponible sur le site d’Arte. Son auteur est Jamille Van Wijngaarden, qui l’a réalisé en 2018.

C’est assez stupéfiant. Un mélange de réalité quotidienne et de cauchemar, qui produit une impression de sidération hilare assez rare…

La question du genre est abordée d’une façon tout à fait actuelle, aussi…

Chez moi·Lire

1+1=2 en bord de Seine

Aujourd’hui, à Rouen, c’est Quai des Livres. Un Quai des livres masqué et moins touffu que les années précédentes, mais quand même. Pour une fois, nous avons été assez raisonnables… J’ai trouvé des comics et des albums de super-héros pour le coin lecture-de-récré, entre 50 centimes et 3€ chaque. J’en connais qui vont être contents :

Côté maths, une seule trouvaille, un peu mystérieuse : 1+1=2.

Il n’y a ni éditeur, ni année de publication, rien du tout. J’ai un peu cherché sur Internet et je n’ai rien trouvé pour le moment.Une dédicace indique que le livre a été offert en 1953 : « Noël 1953 Vallériaux ».

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Ma semaine B.

Cette semaine, c’est la semaine B. Je vois mes quatrièmes mardi. Seulement mardi. Mais je les vois quatre heures prof, trois heures élèves, dont deux consécutives.

C’est le moment de réfléchir avec finesse. Penser continuité des apprentissages sachant que pendant une semaine ils n’ont pas maths, et penser que trois heures de maths dans une journée c’est beaucoup. Sans compter que leur troisième heure est la dernière de la journée.

Bon bon bon… Quels contenus, quelles formes peda heure par heure ? Je cogite. Je dois être efficace, en bannissant l’occupationnel-paix sociale et en ménageant leurs capacités dans ces conditions.