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Pour comprendre, il faut une écoute consciente

Une collègue de mon collège a partagé avec moi cette vidéo, après une formation sur l’accueil des élèves allophones. Je la trouve très intéressante, dans le propos sur l’écoute consciente et pour la formulation même, « écoute consciente ». Ensuite, les exercices proposés seraient sans doute applicables ou adaptables avec des élèves, et cela me tente :

  • Trois minutes de silence par jour, pour apprendre à réentendre le silence ;
  • Un moment de décomposition des sources sonores (une sorte de dé-mixage) ;
  • Une écoute approfondie de sons du quotidien ;
  • Une réflexion sur la façon d’écouter selon le son, le contexte, etc. ;
  • S’appuyer sur le RASA pour écouter de façon active :

Comme je propose souvent des problèmes en vidéo ou en audio (des extraits d’émissions de radio) à mes élèves, je me dis que nous pourrions travailler l’analyse des sons. Qu’as-tu entendu ? Qu’as-tu retenu comme son ? Sur quoi fallait-il se concentrer pour capter le contenu mathématique? Je ne fais pas vraiment ça. Parfois je mets en garde, pour aider les élèves à se focaliser sur ce qui m’intéresse, parce que je sais qu’il y a un distracteur. Mais il doit y avoir des tas de distracteurs, en fait.

Julian Treasure prône d’enseigner l’écoute à l’école. C’est encore autre chose que de vouloir enseigner la concentration, je trouve. Il voudrait ainsi contribuer à faire penser, permettre de réfléchir et pacifier, consciemment.

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Prof de maths

Depuis le début des vacances, j’ai bien avancé ma lonnnngue liste de choses à faire. Pourtant, c’est épique. Il fait un froid de canard et la chaudière est morte. Cela fait deux semaines que ça dure, je tape mes articles avec des mitaines et je me gave de chocolats chauds avec des marshmallows dedans… Bref.

Aujourd’hui, je m’attèle à un article pour une chouette revue, avec des interlocuteurs vraiment sympa. Et il m’est demandé d’expliquer ce que je fais dans la vie. Côté boulot. Sinon, j’aurais parlé ciné, lecture et cuisine, mais ce n’est pas l’idée. Je repars donc de cet article, avec mon parcours jusqu’à l’année dernière :

Et je me souviens qu’en retraçant ce parcours, qui m’avait été demandé ailleurs, j’étais vraiment dans l’inconnu en dessinant ces points de suspension et d’interrogation : je venais de prendre la décision d’arrêter RMA, j’avais choisi de revenir au collège à temps plein. J’avais des projets plein la tête, envie de vivre autrement mon métier, ma passion d’enseigner. Envie de chemins de traverse, je crois. Mais j’étais dans l’incertitude : était-ce possible ?

Hé bien oui, c’est possible.

Pour compléter le dessin de ma vie pro, j’ai fait celui de cette année.

Ca ressemble à une explosion. Et cela m’a fait réfléchir à la discussion d’hier à partir de cet article, en particulier avec les collègues de Twitter : l’article du Monde m’a donné un petit coup de calgon, c’est vrai. Mais tout de même, être prof de maths (et je pense que « de maths » apporte là quelque chose de particulier) permet des opportunités, des échappées belles, des collaborations magnifiques. Les mathématiques, l’enseignement des mathématiques sont très, très vivants. Aujourd’hui, je m’aperçois que clore mes activités de formation telles que je les menais me permet de m’ouvrir à tellement de possibilités que c’en est étourdissant.

En attendant, il n’avance pas, cet article pour les collègues super sympa. J’y retourne.

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Sans le a, vl n b d boum.

Magnifique, sur l’indispensable fil Twitter de Manu Houdart :

Ma fille, qui préfère toujours trouver une explication, penche pour la disparition malencontreuse du « a » de « dam ».

Le petit plus, c’est « 200 fois 100, 200 000 ». Sans moquerie aucune : je suis capable de dire de très grosses bêtises dans des tas de domaines, et avec le stress en plus cela ne doit pas aider. Mais pour analyser avec des élèves c’est vraiment un plus.

Et du coup, elle peut avoir les 200€ en centimes, la dame ? Parce que ça vaut le coup…

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Organiser un rallye

Plusieurs collègues m’ont posé des questions sur la façon d’organiser un rallye, en classe. Voici donc quelques propositions, dans le cadre d’un rallye collaboratif : des élèves, des problèmes multiples, une réponse commune ou collective.

Je vais imaginer quels conseils je pourrais donner à des collègues pour les élèves desquels un rallye est une première.

L’enseignant doit bien insister sur l’aspect collectif : tout le monde a quelque chose à apporter. Il ne s’agit pas d’accomplir une performance, mais de mettre ensemble tous les cerveaux de la classe pour être plus intelligents. Donc, aucune critique sur le supposé manque d’efficacité d’un camarade ne sera toléré. De même que chacun doit s’investir avec sérieux, pour soi et pour la classe.

Il va falloir bien expliquer le déroulé : les étapes, le temps imparti, la nature de la production, le matériel autorisé. Par exemple :

Vous avez choisi des photos-problèmes. Chaque élève va avoir à résoudre son problème, plus un autre problème. Vous avez quarante minutes pour avoir écrit votre solution, avec/sans justifications. A l’issue de ce temps, nous mutualiserons et vous déciderez de ce que vous enverrez comme réponse.

Vous pouvez aller vous servir en papier de brouillon, en matériel de construction. Vous avez le droit d’utiliser la boîte à problème, du papier calque, la calculatrice/pas la calculatrice. Si vous avez d’autres besoins, demandez-moi et nous verrons ensemble.

Vous allez commencer par résoudre votre problème. Quand vous l’avez résolu, vous venez au tableau marquer votre nom dans la case de ce problème. Puis vous résoudrez l’autre problème que je vous aurai distribué, et vous reviendrez au tableau marquer votre nom. Ensuite, vous comparerez votre solution avec l’autre élève qui a réfléchi au même problème, dont le nom sera lui aussi marqué dans la même case que la vôtre. Si vous n’êtes pas d’accord, il faudra discuter (et pas se disputer) pour comprendre qui a raison, ou si vous vous êtes tous les deux trompés. Lorsque vous serez d’accord, que vous aurez une solution écrite et que je pourrai comprendre, vous viendrez écrire OK dans la case et vous m’apporterez votre solution commune, avec nos noms à tous les deux dessus.

Si vous voulez réfléchir à deux, pas de souci, mais alors il va falloir être plus rapide et résoudre vos quatre problèmes à deux en quarante minutes. Ca peut se tenter, tout dépend de la façon de travailler qui vous convient le mieux.

Si vous avez terminé tout ça avant les quarante minutes, venez me voir : je vous enverrai aider des élèves qui ont besoin d’un coup de main.

Parfois, je désigne des coordonnateurs, ou les élèves désignent des coordonnateurs. Ce sont eux qui régulent, relancent, observent les élèves en besoin de coup de pouce. Mais je ne procède pas ainsi la première fois. La première fois, je régule. La deuxième, je désigne un ou deux élèves qui régulent avec moi, pour leur montrer quoi observer, comment intervenir. Etre coordonateur nécessite des qualités que de jeunes élèves n’ont pas tous : il faut déjà ne pas avoir de volonté de pouvoir sur ses camarades. Ce n’est pas une promotion, c’est une mission de confiance.

Cette année, après la première expérience de rallye, les élèves d’une de mes sixième se sont déjà organisés à leur façon (en me demandant, mais a priori je les suis si je vois que ça bosse bien) : ils ont plutôt travaillé à trois, et désigné des élèves vérificateurs. Soit ces élèves avaient résolu leur problème et ils en débattaient, soit leurs camarades devaient leur expliquer leur démarche pour les convaincre.

Dites-moi s’il y a des questions auxquelles je n’ai pas répondu !

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La peine du prof de maths

Un article du Monde du 25 février aborde la crise du métier de prof de maths :

« On a plus que jamais besoin des maths », lit-on. Pourtant, le métier de prof de maths attire toujours moins. Pourquoi ? Parce que dans prof de maths il y a prof : moins bien payés que dans d’autres métiers accessibles aux matheux, avec une qualité de vie qui n’envoie pas du rêve. Mais il y a aussi le « maths » de prof de maths qui rebute : une discipline souvent mal-aimée, dans laquelle de nombreux postes sont supprimés puisque les maths ne font plus partie du tronc commun des enseignement du cycle terminal, la rengaine du « on est nuls en maths » qui tape sur tous les systèmes, voire des contenus et/ou une façon d’enseigner qui ne « abandonne » des élèves et n’est pas forcément « agréable » (j’avoue que la retranscription des propos de Laure Saint-Raymond m’a choquée, à titre personnel)…

L’article se termine sur une particularité de la discipline : il serait plus facile que dans d’autres disciplines de changer de métier, ce qui permettrait de pouvoir se ressourcer pour y revenir éventuellement. C’est drôle, car si j’ai fait des études de maths, c’était dans le but spécifique d’enseigner. Je ne me vois absolument pas faire un autre métier. Je n’ai pas envie d’utiliser les maths : j’aime les transmettre. Ou alors oui, enseigner une autre discipline. Mais ce sont les maths que je préfère enseigner aujourd’hui, plus encore qu’hier.

Et pourtant… Est-il raisonnable de conseiller à un jeune/un moins jeune en reconversion de devenir prof de maths ? Je n’en suis plus sûre.

Il est triste, cet article.

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Laïcité à tête chercheuse

Le lycée Schuman à Metz propose la radio RSM. Organisée par saison, cette radio est franchement impressionnante et vient d’ailleurs de remporter le prix Pod’classe. La nouvelle saison de RSM (la 8e je crois) marque un renouvellement en profondeur de la webradio, avec quatre nouveaux formats d’émissions. On peut aussi suivre le fil Twitter. Quelle richesse !

La dernière émission est consacrée à un échange avec Jean-Paul Delahaye sur la laïcité, et est très intéressante. Bravo aux élèves et aux enseignants impliqués !

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Addition et somme : mais encore ?

Hier soir, je me suis couchée en me disant que non, cette semaine je n’avais pas d’idées de vidéo pour Approcher les maths; Comme je suis en vacances, je me disais qu’au pire, je décrèterais qu’en vacances, la chaîne prend le large. Mais cela ne me satisfaisait pas. En même temps, c’est d’être en classe qui nourrit mes idées de thèmes.

Mais ce matin, j’avais un mail d’une collègue qui posait une question.

Quand on parle de « somme », on parle du nom du calcul ou du résultat de l’addition ? En 6e, quand on a « 2+3=8 », on dit que 3 et 5 sont les termes de l’addition et que 8 est la somme de 3 et 5. Là, la somme serait le résultat. Mais en 5e on va parler de somme si la dernière opération à effectuer est une addition (89+2×3 est une somme) et là ce serait le nom du calcul.

Du coup, je ne sais plus trop bien quoi dire pour être cohérente.

J’ai lu la question de la collègue, et je suis allée déjeuner. Elle me semblait pacifique, cette question. Mais en étalant le miel sur ma tranche de pain, j’ai compris qu’il y a un lièvre que je n’avais pas perçu. En effet, si 8 est bien une somme pour tout le monde, et si on effectue bien une addition pour obtenir une somme, qu’est-ce que 2+3 ou 89+2×3 ? Finalement, qu’est-ce qu’une addition ?

J’ai laissé temporairement de côté le projet vidéo collaborative, le projet BD, le projet article, et j’ai ouvert des bouquins. Voici donc le résultat de ma cogitation, plus sous forme de conjecture et de début de réflexion à partager avec vous qu’autre chose.

Merci chère collègue, je me suis bien amusée ! 🙂
Et je retourne aux autre projets. Ils sont bien rigolos aussi…

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Litre : un point c’est tout ?

Récemment, en formation sur l’accueil des élèves allophones dans mon établissement, le collègue formateur nous a présenté un exercice issu d’un manuel, dans lequel il était question de litres. L’unité était écrite par un ℓ. minuscule en cursive, et suivie d’un point alors que la phrase se poursuivait. Il me semblait que depuis peu le litre se note L, sans point, un point c’est tout. Mais je me trompais.

J’ai retrouvé le document auquel je pensais :

Ce document est non officiel et m’a induite en erreur.

Il n’y a jamais de point (hors point final de la phrase) à la suite d’une unité de mesure. Les unités dérivées d’un nom propre s’écrivent en majuscule (N pour Newton), les autres s’écrivent en minuscule. Mais pour le litre, les symboles l (minuscule) et L (capitale) sont les deux symboles acceptés par le Bureau international des poids et mesures. En 1879, c’est le symbole l qui a été choisi. Mais l et 1 sont deux caractères très proches ; en 1979, le symbole L (en capitale) a été également accepté, « comme alternative pour éviter le risque de confusion entre la lettre l et le chiffre un, 1 », mais de façon transitoire : il faudrait bien se décider un jour. Toutefois, en 1990, le Comité international a estimé encore prématuré de choisir entre les deux candidats. Nous avons donc une exception pour le litre : l et L cohabitent, selon ce qui est le plus adapté dans le contexte. La typographie ℓ, en cursive, n’est pas recommandé par Bureau international des poids et mesures. Par ailleurs, le litre n’est pas une unité du système international, comme on peut le lire ici.

Un document de l’inspection générale prend le contrepied quant à l’usage du litre en cursive ; il date de 2011, peut-être les consignes ont-elles évolué depuis :

Bon, en fait ce n’est pas clair, tout ça. Peut-être avez-vous des sources sûres et claires ? Si oui, je prends.

Je suis allée mettre le nez dans les manuels. Je n’ai trouvé que des L majuscule sans point, même pour les sous-unités. Je n’ai pas résisté à glisser un intrus, histoire d’aller dans le sens de ce que nous ont expliqué nos formateurs… C’est vrai que ce n’est pas simple et qu’il faut connaître les codes.

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Maths en scène, festival !

La super active association Les maths en scène propose, en plus des dispositifs déjà existant, son festival, pendant presque tout le mois de mars. C’est la 5ème édition du festival international « Les Maths dans Tous leurs Etats », prix d’Alembert 2020 :

Malgré les restrictions actuelles, la morosité ambiante n’atteint pas Houria Lafrance et son équipe. Les parrain-marraine de cette édition 2021 sont Guillaume Chèze, maître de conférence en mathématiques à Toulouse et Olga Paris-Romaskevich, mathématicienne à Marseille. Cette année, forcément, le festival se déroule en ligne. Les enseignants peuvent inscrire leurs classes en passant par ce formulaire d’inscription.

Encore de belles aventures à vivre et à faire vivre à nos élèves…