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Le graveur de mathématiques

Hier, au Palais de la Découverte, j’ai été arrêtée par les gravures de Patrice Jeener, que je ne connaissais pas. J’ai vraiment trouvé très belles ses oeuvres. En voici quelques-unes, exposées sur la mezzanine du département mathématiques du Palais :

L’après-midi, au salon Culture et jeux mathématiques, paf, nous sommes tombés sur son stand, avec le monsieur en chair en en os. Et mon mari m’a offert trois de ses gravures, qui maintenant sont là, à ma droite, au mur dans ma salle à manger. Je suis très très contente…  Je les scrute, je m’y promène, je me faufile… Allez, je vous les montre :

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Parlons un peu de Patrice Jeener. Né en 1944, il a eu l’idée de ce qui est le travail d’une vie maintenant à l’occasion d’une visite au Palais de la Découverte… Il a été exposé à l’Institut Poincaré l’année dernière. Voici une vidéo qui parle de son travail, de son  » monde étrange  » :

C’est curieux, car plonger dans les oeuvres de ce graveur de mathématiques m’a fait avancer dans une réflexion qui me rattrape sans cesse. Depuis quelques semaines, il m’arrive, lorsque je fais des maths avec des élèves de lycée ou des étudiants à l’université, d’avoir un sentiment d’étrangeté terrible. Tout à coup, j’ai l’impression qu’une partie de moi s’est détachée et me contemple, perplexe : pourquoi fais-je des maths ? Quel est leur sens, au fond ? Que signifie vraiment cette activité mentale, intellectuelle, que représentent véritablement ces signes jetés sur le papier ? Comment se fait-il que je mette tant de moi, tant de conviction et de sincérité à expliquer des mécanismes dont la finalité m’échappe sans doute… C’est déstabilisant, car ce sont des pensées parasites, qui me déconcentrent et me déconcertent. La plupart du temps elles font irruption dans ma tête alors que je dois expliquer quelque chose qui n’est pas évident, qui me demande de vraiment réfléchir, et c’est pourquoi c’est encore plus embêtant. Contrairement à une phase il y a une dizaine d’année, cela ne me détourne pas du tout de l’exercice des mathématiques, du goût pour la discipline. Mais je m’interroge : est-ce une façon détournée pour mon cerveau de refuser la difficulté ? Est-ce à force de lire des bouquins sur les maths, de m’imprégner de l’histoire des maths et des mathématiciens, tout en contradictions, en ruptures, en querelles, voire en affrontements ?

En tout cas, hier, écrasée par la chaleur sous les tentes de la place Saint Sulpice, en regardant ces surfaces et ces courbes magnifiques et leurs équations, je savais pourquoi je fais des mathématiques : parce que ce monde-là est aussi un peu le mien, parce que je m’y sens bien, parce qu’il est beau, silencieux et vrai.

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Ma journée des maths à moi

Hier, nous sommes allés à Paris, mon mari et moi. Pour ma journée des maths rien qu’à moi.Cela a été une super journée. Je vous raconte (si, si).

Nous sommes partis en train très tôt, ce qui m’a donné l’occasion de commencer à lire deux bouquins sur les nombres qui attendent depuis un bon moment sur mon bureau :

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D’une part, j’avais envie de m’immerger dans les maths, dès le début de la journée. D’autre part, je réfléchis en ce moment à un dispositif de remédiation sur le nombre, pour les élèves arrivant au collège et en difficulté, et il me faut réactiver, apprendre et réfléchir. Comme notre train avait une fâcheuse tendance à s’arrêter dès qu’il rencontrait une gare, j’ai eu le temps de bien avancer les bouquins. J’ai relevé cette jolie citation de Lebesgue :

 » À aucune époque les mathématiciens n’ont été entièrement d’accord sur l’ensemble de leur science que l’on dit être celle des vérités évidentes, absolues, indiscutables, définitives. « 

Arrivés à Paris, nous avons rejoint le Palais de la Découverte, après avoir glandouillé un peu en sirotant du café frappé, parce qu’il était trop tôt. Je voulais revoir le département mathématiques du musée, et visiter l’exposition sur les probabilités.

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Je consacrerai un article sur cette exposition, pour pouvoir la présenter de façon approfondie.

Côté département de maths, il y a deux pôles, en gros : la fameuse salle π, que je vais pouvoir présenter à mes élèves demain, et une salle sur pavages et transformations planes. La salle π a surtout de l’intérêt pour des jeunes si il y a présence d’un animateur, d’autant qu’ils sont vraiment intéressants au Palais de la Découverte. Quant au pôle pavages et transformations, il y a des activités sympas à faire, avec des manipulations bien choisies. J’aurais eu mes cinquièmes sous la main, nous aurions passé un certain temps là.

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L’après-midi, nous sommes liés au salon culture et jeux mathématiques qui se tient place Saint Sulpice jusqu’à mardi. C’était un très bon moment, pendant lequel nous avons discuté, joué, navigué entre des passionnés.

Nous avons pu retrouver l’équipe de Navadra, toujours aussi souriante et sympa, et avec des projets de ouf : Navadra est en train de devenir un jeu en 3D !

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Pour l’avoir vu, ça rend vraiment bien ! Et ils ont encore des tas de projets en développement…

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Nous sommes rentrés bien fatigués, bien cuits, et j’ai des tas d’idées. Et puis demain, nous allons pouvoir changer un peu la déco de la classe et tester les nouveaux jeux !

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Navadra a besoin de soutien

L’équipe de Navadra a entamé une campagne pour évaluer si lever des fonds suffisants pour se développer est possible. Ils ont besoin de notre soutien. Mon habitude n’est pas de faire de la publicité, mais là j’ai vraiment envie de relayer leur appel : Navadra est une magnifique initiative, le jeu est bien réalisé, colle au programme et mérite d’être encouragé.

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Le lien pour voter est ici.

A l'attaque !·Je suis fan

Incroyable mais sans doute vrai

Je suis à jour de mon boulot.

J’ai fini mes rapports d’activité

Je n’ai plus de copies à corriger

J’ai révisé les séances à venir du dispositif réapprendre à lire

Je suis prête pour soutenir mon oral de CAFA

J’ai acheté le matériel pour continuer le jeu Francis avec mes sixièmes

J’ai fini d’évaluer les étudiants de master et j’ai tout transmis

J’ai préparé les docs pour un dispositif sur le geste de compréhension

J’ai envoyé les mails promis aux chefs d’établissement de mes formations de la semaine dernière

J’ai préparé le rallye Maths’n Caux, dernière manche

L’évaluation de lundi pour mes cinquièmes est finalisée et imprimée.

Ah, il me reste dix mails en souffrance. Il faut que je m’en occupe.

Finalement, la fin de l’année, c’est bien aussi…

Unknown

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Mon mooc a fait flop

je m’étais inscrite à un mooc, il y a plusieurs semaines, sur les sciences cognitives et l’apprentissage des enfants. Je m’en régalais déjà, tant il nous était annoncé comme extraordinaire. Sauf que j’ai décroché très très rapidement, dès le début en fait, et je m’interroge sur les raisons de ce décrochage, d’autant que que je suis plutôt du style accrocheuse, voire franchement teigneuse.

D’abord, je n’ai pas reçu d’avertissement par mail comme quoi le mooc démarrait. De ce fait j’ai raté quatre semaines. Pour démarrer, c’est un peu décourageant : il faut, en quelques semaines, rattraper le retard. Comme j’ai vraiment peu de temps dans ma semaine, avec des activités professionnelles foisonnantes, cela s’annonçait délicat. mais j’avais dressé mon planning et la mission n’était pas impossible.images

Ensuite, j’ai regardé la première semaine. Et là, dur dur : beaucoup de vidéos qui annoncent ce qui va se passer lors de cette première semaine, ce qui se passera après, des témoignages qui ne m’apportaient rien (parce que j’ai déjà été formée aux sciences cognitives), et les parties qui m’intéressent ne sont pas en vidéo, mais en lecture. Ce sont des parties facultatives, qui représentent pour le coup une somme d’informations qui me sont inconnues et qui me demandent d’approfondir par d’autres biais. Aïe aïe aïe, cela rajoute au temps nécessaire : je dois chercher, trier les infos dont j’ai besoin ailleurs que dans le mooc pour pouvoir bien comprendre et assimiler ce qui m’intéresse dedans. Et puis j’ai du mal à me concentrer longtemps sur ces vidéos (longtemps, c’est relatif : les vidéos sont courtes). Pourtant là encore c’est curieux : je regarde des vidéos de conférences régulièrement, et je n’ai pas tendance à décrocher.

Et puis au bout de mon étude de la première semaine, j’ai fait l’évaluation. Si on réussit les évaluations, on a un diplôme qui atteste qu’on a suivi le mooc, et réussi à en comprendre et retenir l’essentiel. Mais l’évaluation est un QCM tournée d’une façon très très fermée (vous me direz que c’est normal pour un QCM, mais c’est la formulation des réponses possibles que je trouve fermées). J’ai eu tant matière à interpréter, à me questionner, à essayer de reformuler que j’ai laissé tomber avant la fin. D’ailleurs la partie évaluation buggait.

N’empêche, je suis doublement déçue : je ne suis pas allée au bout de ce que je voulais faire et je n’ai pas réussi à m’y intéresser, alors que c’est sans doute un cours de grande qualité. Peut-être la période est-elle mal choisie, ou bien je suis simplement trop fatiguée. Je vais essayer de trouver le temps et l’envie de récupérer tous les documents écrit et des les étudier cet été.

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Un sourire pour Valérie

Valérie, c’est une super prof des écoles en charge de SEGPA qui a mitonné le dispositif Réapprendre à lire au collège. Ce dispositif est maintenant bien lancé dans mon établissement. D’ailleurs grâce à Sandrine, qui y est documentaliste, ce dispositif va se développer l’année prochaine, et en plus nous allons pouvoir à nouveau travailler ensemble. C’est chouette.

Aujourd’hui j’ai donc mené une nouvelle heure dans le cadre de ce dispositif. les gamins font des progrès épatants, et ils s’en aperçoivent. Cela développe leur volonté de bien faire d’aller plus loin encore. Ils sont passés de 39 fautes en 17 minutes à 4 fautes en 3 minutes, par exemple. Epatant, je vous dis.

Et ce qui est encore plus beau, c’est qu’aujourd’hui, un de mes élèves du dispositif, habituellement muet et que je n’avais jamais vu sourire, s’est exclamé avec enthousiasme  » Madame Lommé, j’ai fait deux fautes et j’ai mis 2 minutes !  » Je me suis retournée pour le féliciter :  » Bravoooo ! Tu te rends compte comme tu as progressé en si peu de temps ?  » Mon élève m’a répondu  » Oui !  » en se déployant, lui qui est assez replié sur lui-même. Et il avait un large sourire vraiment, vraiment magnifique. Je suis tellement contente de l’avoir vu, ce sourire. Alors je l’envoie à Valérie.

 

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Des p’tits poèmes pour faire (aussi) des maths

La vidéo suivante provient de « Incl@ssables mathématiques », et elle est vraiment très sympa. Elle propose de réfléchir à l’oeuvre de Raymond Queneau (membre de l’OuLiPo) en mobilisant les arbres de dénombrement, les calculs de puissances et éventuellement la notation scientifique, et aussi les conversions d’unités. Il y a de quoi faire… Une idée d’activité pour l’année prochaine ?